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jeudi 9 juin 2016

Felix Mendelssohn

Afficher l'image d'origineJe trouve que Mendelssohn a une place particulière dans la musique classique. Il est une star, nous avons tous entendu son nom, il est diffusé sans cesse, il possède quelques tubes, mais on le saisit assez peu. Nous avons du mal à le décrire.
Sa vie aussi est particulière. Enfant prodige, à 12 ans, il traduit du latin et publie ses traductions au même age. Goethe admire ses talents, il peint admirablement, il chante tout aussi bien. Son père est un riche banquier vivant à Berlin au cœur de la vie culturelle et mondaine, c'est l'époque de Hegel, de Heine (et de Clausewitz...).  Il reçoit une éducation soignée. Jeune homme, à vingt ans, il est le premier chef d'orchestre à jouer du Bach depuis la mort de celui-ci (cela fait 80 ans...) Il se passionne pour Haendel. Il admire Schubert, il voyage en Italie, en Angleterre, en France. Il croise Chopin, Liszt, Berlioz, Rossini.... C'est un brillant étudiant en sciences humaines, philologie, philosophie, géographie, zoologie. Ses œuvres le rendent célèbres, il est nommé par le roi de Prusse pour organiser la vie musicale.. Il est célèbre, heureux avec son épouse et leurs cinq enfants.

Que croit cet homme, en quoi pense t- il ? Je ne sais pas trop. Cela m'intéresserait de le savoir... Était il Hegelien, Clausewitzien, romantique, nostalgique de l'age baroque ? Romantique ? Classique ? Je le sens à la frontière et déchiré. Ses chorales sont incroyablement proche de Bach mais en même temps, on sent un ajout romantique dans ses harmonies sereines et sobre.
Il est déchiré entre la foi juive et protestante. Son grand père Moses Mendelssohn est le théoricien du judaïsme réformé, "des lumières" et aura une influence considérable dans le judaisme européen. Son père l'éduquera sans religion avant lui-même de se convertir et d'emmener Felix dans une foi chrétienne sincère et forte comme le signale les oratorios Paulus, Elijah, les psaumes ou encore la symphonie n°2. 
Déchiré aussi par la dépression, comme lors de la mort de son père et surtout celle de sa soeur Fanny, amie, âme sœur et compositrice elle aussi. Dépression qui sera suivi (conséquence ?) de sa mort par apoplexie à 38 ans en 1949. Cette annonce attriste toute l'Europe.
Cet article pense que cet âme trop pure, trop successful, trop bénie des dieux n'étaient pas prêtes pour le malheur. J'ai l'intuition que c'est un grave malentendu. Cet homme a connu l'humiliation napoléonienne, une éducation très stricte et prête à toutes les guerres et les combats de l'intelligence. Il est au cœur du combat entre religion et philosophie, il doit voir la montée en puissance de la Prusse revancharde. Non Mendelssohn n'est pas un ange descendu des cieux, comme tout génie, (et même le génie de la clarté musicale) est marquée par l'ambivalence de la vie, de son bonheur, de sa tragédie et sa sensibilité (confirmé par Thierry Escaich parlant du paradoxe entre la clarté des mélodies de Mendelssohn et sa récurrente dépression). Il y a des gouffres. Sa capacité d'être "mozartien" comme disent beaucoup (traduire par capable d'être guilleret dans ce monde de douleur) est en fait un compliment dont ceux qui l'énoncent ne voient guère. C'est l'homme capable de dire la beauté transcendante du moment présent. Trop parfait ? N'entendez vous pas les gouffres de cette musique si majestueusement construite et si efficace sensoriellement ? Cet homme ne jouait il pas au bras de fer permanent avec le mal... Ne fut il pas mort d'avoir trop combattu ?

A écouter.
Chansons sans paroles.

Elijah

Paulus

Lobesgang 

Lauda Sion

Octuor




Et encore tant à découvrir

vendredi 29 mai 2015

Musique de film - Cosma et Delerue

Le premier petit film ci dessous touche juste. Cosma a colonisé aussi ma jeunesse. Ses rythmes, sa France, ses mélodies. Il utilisa son talent de compositeur pour imprimer une identité forte aux films dont il avait la responsabilité.
Plus bas, vous trouverez des exemples de Georges Delerue, autre compositeur français spécialisé dans la musique de films.
Deux talents différents mais deux images de la création musicale du XXième siècle. Création passée à coté du modernisme et se trouvant un pré d'herbe fraîche libre. Une musique libérée du désir d'originalité par l'obligation de parler aux spectateurs contemporains, de leur parler clairement au risque de copier, d'imiter des grands maîtres passés. De parler et de décrire aussi. Bref retrouver le langage musical et donc d'utiliser la vieille grammaire que nos oreilles comprend et apprécie, puis réaliser de véritables chef d’œuvres...





A ce propos source intéressante
L'aile ou la cuisse


 Le château de ma mère




Delerue


 Platoon




dien bien phu


vivement dimanche


La nuit américaine
g

mercredi 4 février 2015

Delerm au dejazet

Quelle belle soirée...



J'ai trouvé cette vidéo un peu par hasard, elle m'a permis de voir l'évolution de Vincent Delerm que j'ai toujours suivi avec intérêt. Je n'avais pas suivi la sortie de son dernier album, je suis heureux de l'avoir découvert ici (environ les premières 40 min du spectacle.)
C'est une méditation sur le couple après les années de passion, de choix, d'installation, d'effervescence. Que reste t-il d'un couple quand, après des années, les rivalités, les médiateurs ont pu s'en aller ? Que se passe t-il après la passion ? Delerm répond : il y a la contemplation du mystère ! Mystère de l'homme, de la femme et des deux ensemble dans la fidélité...
Toutes les chansons sont des méditations intimes de Vincent Delerm. Elles ont parfois la forme brumeuse du souvenir et de la sensation. Sensation ? Oui, c'est aussi le maître mot de l'art de Delerm. Capter des sensations et les faire résonner dans la tête de l'audience dont il suppose qu'elle est proche de lui soit par génération ou par humanité. Plusieurs chansons ne témoignent-elles pas de la science mimétique de Delerm ? "Joe Montana", "la natation synchronisée" ou encore "maintenant on s'en fout" (absente de ce spectacle). Je suis vous... Mon autonomie est très relative. C'est, je crois, une grande sagesse de cet auteur...
Face à ce constat, Delerm est en pleine recherche d'authenticité. Que faire puisque mes sensations, mes expériences intimes, mes gouts et mes dégouts (ainsi que tous les vôtres, ne soyez pas dupes) naissent à partir de vous ? La tentation est forte au doux désespoir faussement humble, certaines de ces chansons vont vers une triste fatalité charmante de notre hétéronomie. "Voila, c'est ainsi et je le constate avec tristesse et empathie."
Pourtant quand il médite sur le couple (et le sien...), je crois que Delerm vit une "tentation" spirituelle.
Que découvre t-il dans ses méditations ?
Il s'émerveille du couple (voix off de la fille disant, c'est incroyable ! pourquoi cet homme et cette femme, là et un troisième personne qui puisse naitre, pourquoi lui, pourquoi elle ? On ne sait pas.)
Il médite sur la différence entre l'homme et la femme, comment cet étonnement se transforme en accueil... 
Il s'émerveille de l'homme. Où est notre vie d'avant, quand tu étais avec d'autres garçons, quand je faisais la bringue en Angleterre, quand nous étions un jeune couple juste avant l'arrivée des enfants ? On découvre et on s'approprie en douceur les souvenirs d'enfance de l'autre ou ses récits ("et le soir où tu as" est une chanson qui me bouleverse à chaque fois.) Comment finit cette méditation ? Embrasse moi ! 
Nous ne savons pas combien cela va durer (nous le saurons que sur le grand plongeoir...) Cette déclaration d'amour aux harmonies claires et nuancées est belle et désirable. Delerm semble dire qu'après la passion, il y la découverte d'un mystère qu'on ne peut saisir, c'est l'aventure d'une vie. C'est ainsi que prend tout son sens le titre de l'album et de sa chanson phare. Les amants parallèles. Ces deux personnes qui restent ensemble parallèlement sans se confondre  (faux rêve de l'amour fusionnel) mais qui (définition mathématique) se rencontreront à +∞. La possibilité d'un amour authentique...
C'est ici qu'est l'authenticité, dans ma découverte éternelle de l'infini mystère de la femme avec qui je me suis engagé... Delerm ne redécouvre t il pas la dimension sacramentelle de l'union d'un homme et d'une femme ? Comment fera t il pour que sa prochaine étape ne soit elle pas une rencontre mystique ?

La suite du concert reprend des chansons du passé, toujours sur les thèmes de la confidence et de la sensation... entre autres...



13.40 Football américain
16 amants parallèles
19 le grand plongeoir
22 et la fois où tu as...
30 La différence dans un couple
33 Attention entre deux étrangers et le couple, le matin quand on est enfants
35 embrasse moi même si la nouveauté est loin
39 relation intime avec son public... règle...
46 Trintignant
51 Il y a temps pour tout
55 baiser Modiano
59 enfants étonnants
1.06 Natation synchronisé
1.13 Les filles de 73
1.19
1.22 Birkin Johnny Jane

jeudi 24 avril 2014

Rafahafahana

Connaissez vous madagascar ?
Permettez moi de vous transmettre une chanson qui me parle de ce pays que j'ai eu l'honneur de connaitre. C'est loin d'être exhaustif, et il y a des misères de toutes sortes qui ne transfigurons pas sur ce clip... Mais si vous pouviez être sensible à la douceur, à la langue, ce serait alors un premier voyage réussi.

Mahaleo - Rafahafahana (Liberté) par ratoza

dimanche 20 avril 2014

Halelluja

Christ est ressucité !






Je ne suis pas très original, c'est un extrait de la cantate de Bach que j'avais proposé l'année dernière.
J'ai voulu cette fois conservé cet extrait
J'ai découvert ici que les paroles de cette cantate sont de Luther (soyons oecuménique !!!!).
Je l'ai gardé pour la prononciation finale du Alleluia. Quand il y a une basse soliste, j'ai toujours l'impression que Bach s'engage lui même dans le chant. Dans l'alleluia finale, prenant conscience du Salut offert par Jésus Christ, la bass chante avec un mélange de surprise et d'émerveillement, de joie
Hier ist das rechte Osterlamm,
Voici le juste agneau pascal
Davon Gott hat geboten,
Exigé par le Seigneur.
Das ist hoch an des Kreuzes Stamm
Haut sur le tronc de la Croix
In heißer Lieb gebraten,
Il a été rôti avec le plus fervent amour,
Das Blut zeichnet unsre Tür,
Son sang marque notre porte,
Das hält der Glaub dem Tode für,
La foi tient la mort en échec,
Der Würger kann uns nicht mehr schaden.
Le bourreau ne peut plus rien contre nous,
Halleluja!
Alléluia!

dimanche 2 février 2014

Le rival dans la chanson

Mes amis,

Voici, une pause musicale...
Je souhaite ici compiler des chansons mettant le rival en valeur. Simple exercice girardien...
Je compte sur vous pour me donner de nouveaux exemples.


L'homme est plus agé, il pense au temps de sa mort et au veuvage de sa bien aimé. Il pense aux gestes de l'amoureux qui viendra alors. Impossible imagination pour l'homme aimant.
Aznavour


Le rival n'est plus dans un avenir fantasmé, il est dans la même salle et séduit notre douce. Nous sommes humilié, et avouons la défaite. Nous avons une larme pour celui qui a perdu la guerre. Sensibilité de l'homme qui tente de prendre de la distance sur le trio tragique qu'il vit.

Brel
Fanette
Le rival est sur la plage, mais ici le témoin de l'amour ne peut pas prendre de distance. Il nous rend le tragique du triangle amoureux. Les amoureux nous humilient mais se noient, ils nous conservent dans le sentiment perpétuel de l'humiliation. Le sensible est l'éternel humilié ?




Miossec
Que devient ton poing quand tu tends les doigts
La séparation est consumée... et pourtant l'amour nous a donné des graines d'éternité... Nous ne comprenons pas... Ton corps avec un autre corps que le mien est hors de toute logique.

Emily Loiseau
Jalouse. La jalousie est la révélation méconnue de la part triangulaire du désir amoureux... Example avec un ex envahissante.
Anne Sylvestre
Les impedimenta. Le rival est dans le passé, il est partout, légion et omniprésent. Mais je travail aujourd'hui à être toujours ton présent.




Claude François chanson populaire
 Toi et moi amoureux, autant ne plus y penser...
Nous avons vécu l'amour parfait, c'est fini, tu le revivras tandis que moi, je continue mon chemin de croix.... Le "grand amour" est autant relativisé qu'espéré... l'amour est joyeux mais est un éternel recommencement qui contredit la notion d'unicité propre à sa définition. Douce absurdité... Le rival est un branquignol mais moi je sais que je ne le suis pas...


Michel Jonasz
Dites Moi
La nostalgie sensible des détails de la femme aimée. L'infécondité m'est insupportable. Le rival était trop fort, d'accord, mais dites moi que moi j'étais sans reproche et que je savais l'aimer et avait des projets fous.
Barbara
Que ma joie revienne
Ici la femme prend la parole, le rival est parti, mais le souvenir de lui empêche tout nouvel amour. Attends et je te promets nous serons heureux. Convalescence.

Adamo
Laisses tes mains sur mes hanches.
Oublies toutes tes rivales du passé, bébé, elles m'ont permises de mieux t'aimer. Je serai fidèle, sens de l'amour tel que tous les chanteurs tentent de nous transmettre... Non ?

lundi 13 janvier 2014

Une romance cruelle de Ryazanov et quelques chansons russes


Une romance cruelle 1984 D'Eldar Ryazanov à partir d'une pièce d'Ostrovski







Attention spoiler.....
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Une famille noble sans le sou qui marie sa seconde fille à un riche géorgien. La seconde, Larissa, d'une grande beauté, est pourchassée. Le fonctionnaire des postes, se croyant grand homme mais jaloux et étriqué, le fantasque directeur de bateau à vapeur sur la volga semblent être les principaux rivaux. Après une approche et un sentiment profond d'amour en retour de Larissa, le second part sans donner nouvelle.
Toujours pourchassé, la mère de Larissa organise des soirées pour lui trouver un bon parti. Mais un jour, la police y retrouve un voleur... Ce n'était pas un banquier mais un caissier voulant s'approcher des beautés. Après un tel scandale, elle décide d'accepter le premier mari qui vient à elle. C'est le fonctionnaire des postes (à la grande surprise de tout le monde..) qui en devient tout fier et tout jaloux. Elle s'efforce à être heureuse. Lui, cherche à se rehausser mais ne cesse de s'humilier. Puis Paratov revient... Il veut se marier et apprend que Larissa va se marier. Contrarié, il lui souhaite santé et bonheur.



2nde partie
Tandis qu'un riche noble pense à des stratagèmes pour arrêter le mariage, le fonctionnaire de la poste, lui, devient odieux. Voulant montrer sa victoire tandis que son épouse cherche l'intimité. 
Elle se distingue par sa sagesse et sa lucidité malheureuse... "Tu t'occupes de ton orgueil !" "Quand quelqu'un m'aimera t il vraiment ?" "Vous allez tous me détruire"...
Paratov revient, il lui confie sa déception. Il lui fait dire qu'elle l'aime encore. Karandyshev arrive tout jaloux, il en vient presque à se battre avec Paratov. Le dîner suivant, il fait honte par son ivresse et sa petitesse d'esprit. Paratov propose à Larissa de fuir avec lui. Dans le garage, pleurante et s'abandonnant, elle accepte, elle le prie. 
Karandishev est ivre et tout le monde (même Larissa contre l'avis de sa mère) part sur le lastoshka, le bateau que Paratov a perdu et vendu à son camarade. Il chante, partons sur le chemin des tsiganes. Karandyshev court à leur poursuite et prend un petit bateau.
Nuit de fête, nuit d'amour. Mais dès le lendemain matin moite et sous le signe de gueule de bois, Paratov lui glisse, maintenant, tu dois rentrer chez toi...
Il est fiancé. Il s'en va. Karandyshev arrive sur le bateau. Les deux autres amis riches de Paratov discute de la vie de Larissa. La conduire à Paris pour mieux éviter la rivalité entre les deux. Puis ils la jouent à pile ou face.
Le vieil homme riche et lui propose de l'emmener à Paris comme sa favorite (il est déjà marié.)
Karandyshev revient plein de fureur, de revanche et de ressentiment. Je suis un objet, je suis trop cher pour toi... Répond elle désabusé et détruite déjà...
Il tente de la violer. Tu es à moi. Ou alors tu n'appartiendras à personne. il la tue, elle meurt sous les yeux de Paratov.

Fin Spoiler



Ce film me touche beaucoup. Peut être me rappelle t il la personne qui me l'avait conseillé.
Il mélange romantisme et réalisme et est au final un merveilleuse description du malheur d'être belle femme.
Idolatrée, objetisée, détruite. Larissa, grande beauté, connaîtra avec lucidité tous les moments de l’idolâtrie, de l'admiration à la destruction malgré les espoirs de l'amour qui seront déçus.
Le personnage de Paratov représentant le mâle dominant et fascinant. Il est aimé, il attire les regards, il tente, il risque, il prend la vie avec plaisir, rire, ironie. Il semble autonome, il possède la gloire comme montre son arrivée première sur son cheval blanc. L'homme tel qu'il est attendu. Il est celui qui la trahira deux fois. Par légèreté, par plaisir, par faiblesse aussi.

Karandishev est le double de Paratov. Il respire la médiocrité. Fonctionnaire des postes médiocre et étriqué, il est amoureux de Larissa et pense malgré tout qu'elle lui revient légitimement du au fait de sa grandeur d'âme. Au plus mal de sa situation, Larissa décide de choisir un mari au sort. Ce sera lui. Nous le découvrons fanfaronnant et heureux. Mais il est évident que cet homme est rempli de ressentiment. il n'aime pas Larissa, il aime la gloire qu'elle lui confère. Il ne rêve que de la montrer aux autres qui l'on tant humilié dans le passé. Plus le temps avance plus nous comprenons qu'il ne cherche qu'à exploiter Larissa pour la gloire qui lui permet de rivaliser avec Paratov.

Dans les deux cas, il y a le désir de posséder. La beauté est un signe de la gloire divine. Ce film démontre avec finesse et balourdise mélangée comment elle est outragée, vendue et assassinée.
La fascination, la possession ou le désir mimétique en croyant l'embrasser ne font que l'étouffer et au final l'ignorent. 
Ce film est une fable magnifique. La description de la bourgeoisie russe du 19ème siècle est touchante. Les chants (voir plus bas) attendrissent l'âme... Que nous manque t il pour aimer ?





Ci dessous, les chansons du film. des petits bijoux...










Plus bas encore, des chansons venant d'un film du même réalisateur. L'ironie du destin qui est un film culte pour les russes, il est présenté tous les ans aux premiers de l'an à la télévision russe... Les chansons encore ici sont très tendres et très belles....









dimanche 5 janvier 2014

Soyons romantique ? Schumann Berlioz

Soyons romantique ?
J'éprouve souvent une culpabilité à écouter Berlioz et Schumann. L'expression de la beauté du soi est complexe. Toujours honteuse, douloureuse. Douloureuse de la folie vécue et du sentiment d'impasse. Il y a aura une nostalgie de la foi humble de l'enfance, une exaltation du moi héroïque, un amour (forcément) sublime. 
L'illustration de la tentation individualiste et de son échec lucide malgré les espoirs magnifiques... 
Mais quel témoignage !
Il y aurait aussi tant à dire sur la damnation de Faust.....
Disons simplement qu'il est un mélange de lucidité et de méconnaissance sur la naissance de l'individu moderne post révolutionnaire. Qu'entend je ? Le parti du "soi" est le parti du moi contre tous. Elle m'éloigne des humbles gens, de l'amitié, des autres qui sont forcément foule idiote, elle détruit l'amour, le sentiment, la personne sur laquelle nos yeux se sont posés et notre descendance et se paye le luxe de montrer son plus beau profile au moment de se montrer damné...
Mais quel témoignage... Quelle musique...




mardi 5 novembre 2013

Le mari à la porte - Offenbach

Je suis heureux d'avoir trouvé cette petite perle. La lumière est jolie, les chanteuses sont gracieuses, Offenbach est inspiré. 

Offenbach encore aime à se jouer des codes. Un homme est dans la chambre de la femme et le mari va rentrer.... Mais cette fois ci, c'est la femme qui découvre l'amant dans le placard (il vient de la cheminée après une courte poursuite...). Et s'ils s'enferment dans leur chambre avec la témoin de la mariée, ce n'est pas pour cacher un amour interdit mais pour tenter de sauver l'honneur de la jeune mariée qui est innocente de toute cette situation. Tout finit bien mais nous nous serons préalablement moqué des mariés, des bourgeois et le cocu bourgeois, par intermédiaire de la référence de Georges Dandin), est bien vilipendé malgré tout... Le triangle amoureux connait des variations inespérées.

5,40 : duo des femmes
11,35 : Valse de Rosita
20 Trio de la rencontre
32,28 Quatuor
43,30 trio de la mort certaine
47,30 quatuor final

J'aime beaucoup aussi cet extrait espagnol, il assume mieux, je pense l'aspect déjanté de cette opérette.




mardi 1 octobre 2013

Libera me - Verdi Fauré

Libère moi !
Cette prière inscrite dans la prière du requiem a diverses interprétations. Je vous en propose deux qui me sont chères.

Fauré
Je me souviens d'avoir entendu pour la première fois cette oeuvre dans un film de Cavalier, Martin et Léa où le héros au métier manuel prenait des cours de chant et s’entraînait sur ce morceau.  Le chœur ensuite reprenait et développait sa tirade. Prière, demande de l'homme humilié par le péché à connaître la libération promise par le Seigneur. Confiance, aspiration contrariée à la paix, libération





Libera me Verdi



Ici, ce n'est plus une supplique, c'est le cri d'une possédée par lequel commence ce grand morceau qui termine le requiem de Verdi. Tout de suite suivi par le leitmotiv du terrible Dies Ira. Stupeur et remémoration de la pacification divine par le feu. Il y aura ensuite la prière humble (et très proche de Fauré finalement) de demande de repos éternelle puis cette fameuse fugue pour le "libera me" final où Verdi veut nous faire sentir le craquement de la création et l'effervescence humaine luttant entre le péché et sa soif de rédemption. Tout est fureur pour l'homme pris entre ses passions et sa recherche de paix. Le climax final semble dire que c'est aussi par ses passions, par sa volonté que l'homme  trouvera la paix du Seigneur tel un héros sorti des plus grandes aventures... Il n'y aura plus qu'à chuchoter "Libera me" comme prière déjà exaucée.




dimanche 1 septembre 2013

Stabat Mater Dvorak

je ne connaissais pas l’œuvre avant de la chanter.
Je souhaiterais mettre en valeur 3 moments particuliers. Mais toute l’œuvre est à écouter. C'est une merveille.

1 Stabat Mater Dolorosa, Debout la mère pleine de douleur se tenait en larme près de la croix tandis que son Fils subissait son calvaire.


La longue introduction de l’œuvre décrit les premiers tourments et la passion intérieure de Marie. Les premiers mouvements nous indiquent une montée.
Les ténors annoncent la situation, Stabat Mater Dolorosa..., nous sommes au sommet du Golgotha auprès de Marie. Nous sommes désespérés.
Peu de temps après, les sopranos interviennent, mais la lamentation désespérée se transforme brusquement en phrase douce et remplie d'espoir. Dvorak exprime ici sa perception subtile de l'ensemble des sentiments de Marie. Par cela, il arrive à nous faire partager un moment de passion brûlant, contenu et qui demeure pour moi un choc. Toute la suite de ce long morceau alternera les moments de souffrance et d'amoureuse sérénité.

2 Eja Mater, fons amoris, O mère source de tendresse, fais moi sentir ta grande tristesse pour que je puisse pleurer avec toi.

Si le morceau commence avec beaucoup de droiture, il ressemble par la suite à un sanglot de conversion ou de consolation. Si les paroles évoquent l'empathie du chrétien face à la détresse de Marie, la musique accompagnerait plutôt la gratitude du converti au Christ par l'accompagnement maternel. Dans tous les cas, un sanglot partagé en communion.


3 Quando corpus morietur, À l'heure où mon corps va mourir, À mon âme, fais obtenir la gloire du paradis.

Le dernière partie commence par la tristesse de l'évocation de notre propre mort mais celle ci encore se retourne en espoir fou de la perspective de la gloire du paradis. Après des cascades d'Amen (oui, oui, c'est solide, j'y crois), le chœur chante à capella, hurle, annonce et demande au Christ la gloire immortelle de l'âme de chacun. Comme toujours dans cette œuvre, nous passons de la tristesse, à la conversion. D'un mouvement brusque de l'âme à la sérénité d'enfant de Dieu.


Invitation à discerner devant la croix du Christ, auprès de Marie, la promesse de consolation et de béatitude.


samedi 1 juin 2013

Jacques Brel en 2003

Kundera a écrit un beau livre sur les testaments trahis... Sur ces grands auteurs dont les plus beaux écrits, les plus pures diamants de leur pensée ont été trahis par ceux qui se représentaient comme les disciples directs. Il donne des exemples concrets et met à l'honneur la vertu de la fidélité envers les testaments. 

C'est en pensant à ce livre souvent que j'écoute les 5 dernières chansons de Brel, révélées en 2003 qui auraient pu faire partie de son dernier album mais que Brel ne jugeait pas assez travaillées ou bien insuffisamment parfaite. 

La divulgation de celles-ci est peut être le fruit d'une trahison de testaments....
Et pourtant... 
je les trouve merveilleuses et apportent beaucoup à l’œuvre de cet artiste. Un résume efficace.
Brel est un auteur unique pour scruter le drame humain. Si nous pouvons trouver en lui des œuvres heureuses, elles sentent la naïveté de sa jeunesse. Comme si son génie des œuvres pessimistes et dramatiques avaient été creusé à la hauteur de ses espoirs les plus fous. (Brel a avoué des cycles maniaco depressifs...) 
Nous retrouvons donc dans ces cinq chansons beaucoup de son génie. Un équilibre incroyable entre la mélodie et les paroles. La sensation d'une force qui va. Un partage d'émotion noble et de sensations subtiles portées par l'intensité du bonhomme qu'il arrive à rendre universelle.

 L'apprentissage de la défaite et de l'inadaptation humaine à la vie qui le dépasse (Mai 40), Les drames amoureux entre un homme et une femme. Là ou tout n'était qu'espérance et enthousiasme, il n'y a plus que méfiance, malentendu et violence. (l'amour est mort, sans exigence). 
Puisque la condition humaine est absurde et l'amour un concentré de désillusions, il nous reste deux solutions, le stoïcisme de l'homme bien élevé (avec élégance) ou bien la voile (révélateur de la beauté de la création et de la folle liberté humaine) alliée a l'intuition chrétienne (La cathédrale... vestige de notre enfance, siège de nos déceptions et de nos espoirs...)

Merci Grand Jacques....





 














vendredi 10 mai 2013

Concerto en sol majeur de Maurice Ravel

Je devais m'ennuyer ce soir la...

A la philharmonie  on jouait un russe et du Ravel, j'y suis allé pour le russe. Ravel n'est il pas ce français qui me cassait les oreilles et qui méprisait son œuvre la plus célèbre...

Un pianiste espagnol arrive et joue au piano le concerto en sol majeur de Maurice. Le premier mouvement me fait penser à du Gershwin et me conforte dans un dédain autiste vis a vis de l'auteur.
Le deuxième mouvement commence....

Le piano initie sa longue phrase. Prière, méditation, je ne sais, mais tout est devenu plus réel tout à coup.
Plus réel l'air qui nous entourais, plus réel mon corps tendu vers la prière musicale jusqu'à en partager son essence. Miséricorde, baiser chaste, une tristesse remplie d'espérance malgré tout...

Le troisième morceau arrive, virtuose et enlevé comme pour se faire pardonner ou nous faire oublier que nous venions de partager un moment d'intimité amical et profond.
Que cela reste entre nous....




Il est toujours illusoire de partir à la recherche d'un moment de grâce...
Il y a surement beaucoup de bonnes raisons de critiquer Grimaud, mais c'est tout de même merveilleux.
L'interprétation de Bernstein est très belle aussi....

lundi 1 avril 2013

Pâques !

Christ est ressuscité



Je pense en ce lendemain de Paques au souvenir émouvant de cette représentation de Iolantha de Tchaikovski. Petite perle peu connue. Une jeune princesse vit dans les ténèbres de son aveuglement sans le remettre en cause due a l’ingénieuse organisation de son père. L'amour lui enseignera comment la lumière sublime tous les sens....



Qui ne ressent la bénédiction de la lumière ne peut aimer la vie.
Mais le monde est immuable même s'il est plongé dans les ténèbres  Pour connaitre la beauté, je n'ai pas besoin de la lumière...

Débat au tout départ d'un amour pour saisir la beauté.
L'homme dit à l'aveugle qui s'ignore que la lumière est nécessaire à la découverte de la beauté. La femme est troublée mais avec amusement et lui parle de sa propre joie sensorielle de la découverte de la beauté...
Complémentarité des sens,  découvertes mutuelles de l'amour et nécessité de la lumière et de l'information.



vendredi 1 février 2013

Gould et Bach


J'ai déjà dit que ce blog est un petit jardin personnel où j'aimerais inviter des amis ou des gens de passage pour se reposer et voir ce qui est beau.
Cette note serait le signe qu'il y a aussi des arbres, pas vraiment dans ce jardin mais des arbres assez grand et majestueux que leur beauté, leurs ombres profitent aussi à ce petit jardin.

Les oeuvres de Bach jouées par Gould en sont un bon exemple. On peut quelquefois oublier que Bach a été joué merveilleusement par d'autres pianistes, mais Gould nous présente un miracle qui ne cesse de me surprendre et de m'étonner.

Venez à l'ombre et rendez grace.....


tocatta

Clavier





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Invenzioni...

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jeudi 3 janvier 2013

Alain Souchon - Ecoutez d'où ma peine vient

Disque reçu il y a 3 ans que j'ai réécouté par hasard, c'est le dernier album d'Alain Souchon. Quelle surprise.... Il n'y a presque rien à jeter. Chaque chanson à quelque chose pour plaire. On passe un peu de temps d'intimité et de passion. C'est ce qui fait le charme des auteurs de chansons, art mineur mais si important pour notre vie quotidienne. Un bon album de chansons ressemble à un bon repas passé à converser avec un ami où avec une heureuse rencontre. Ici je suis avec Souchon, c'est un homme que j'ai toujours connu. Je me souviens surtout d'un vinyle qui ne cessait de traîner à la maison. J'ai donc l'impression d'écouter un vieil ami de la famille pour qui j'aurais une tendresse folle et que j'aurais toujours plaisir à écouter et en qui, soudain, je me reconnaîtrais encore plus et découvrirais certaines facettes inconnues qui me le rendrais plus aimable, plus intime.... Il nous parle de sa génération gâtée et inconsciente qui a transformé ses rêves en gloutonnerie ou en violence (Rêveur, parachute doré, popopo)

Les amour déçus (la compagnie, 8m²), la nostalgie (Sidi Ferouch). "Notre monde (ma génération, les amours, notre société) est triste (partage de ce sentiment avec F. Sagan), j'ai peut être participé à son enlaidissement, je suis vieux et je n'ai aucune sagesse."

"Ecoutez d'où ma peine vient". 

Nous voudrions te consoler malgré tout (peut être, est-ce ce que tu désires ?) Non, Alain, tu participes souvent à rendre notre monde plus beau.

1. Rêveur
2. Les Saisons
3. Écoutez d'où ma peine vient
4. Elle danse
5. La Compagnie
6. 8 m2
7. Parachute doré
8. Sidi Ferouch
9. Oh la guitare
10. Bonjour tristesse
11. Popopo



Ecoutez d'où ma peine vient

Les saisons


rêveur

elle danse

la compagnie

8m²

 parachute doré

 sidi ferrouch

bonjour tristesse

 popopo