lundi 14 janvier 2013

l'année 2013 - Benoit XVI - Artisan de Paix

Artisans de paix

Rares sont les textes qui sont aussi exigeants que consolateurs. C’est en effet les deux sentiments vécus à la lecture du texte de Benoit XVI pour la nouvelle année 2013. Il médite sur la paix, la vie sociale des hommes. On pourrait s’arrêter à la défense de la vie, du mariage, à l’attaque contre une certaine mentalité libérale dans l’économie. Mais il est beau de voir la cohérence de ce texte qui n’est ni angélique ni ne prend la pose fataliste. Confiance, c’est dur, mais l’espérance est belle et c’est de l’activité née de cette espérance que l’on sera artisan de paix. Et que nous vivrons le royaume de Dieu. Ce royaume où la violence n’existe pas…


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D’abord, il y a notre vocation à la paix et notre déception face à un monde qui n’ l’apporte pas… Que faire ?
-Être cohérent spirituellement, matériellement, socialement et individuellement.
-Etre sensible à la transcendance désirée par l’homme, refuser le relativisme qui mène souvent à la lutte pour le profit et le pouvoir. -Il faut lutter contre les péchés et les structures injustes, saisir la dimension sociale de l’homme.
-Défendre la vie dans son ensemble, la naissance, la mort, le mariage, le travail (renouvelons les bases de la politique économique mondiale) et le sens de bien commun.
Comment la préparer ? La famille, l’école, l’Eglise. Quelle est la pédagogie de cette paix ? Une vie intérieure riche, une morale et des modèles précis. La tolérance ne suffit pas, il faut comprendre la violence, le pardon, comprendre l’histoire. Évitons les idoles, soyons rempli de compassion, d’action de courage. Jésus est bien sur le modèle et le but de notre recherche de paix. Dieu solidaire de l’homme.

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Résumé par partie

1Une nouvelle année porte l’attente d’un monde meilleur. Notre monde en situation de mondialisation (avec qualités et défauts) doit s’adapter dans l’engagement collectif pour le bien commun. Ex de l’inquiétude face à l’inégalité des revenus due à un capitalisme incontrôlée et une mentalité individualiste ou encore face à la montée de la violence terroriste. Pourtant l’aspiration à la paix est partout et le symbole d’une vie comblée. « L’homme est fait pour la paix qui est don de Dieu. »
Méditons l’extrait des béatitudes, heureux les artisans de paix….

2 La béatitude consiste plutôt en l’accomplissement d’une promesse adressée à tous ceux qui se laissent guider par les exigences de la vérité, de la justice et de l’amour. Le partage des béatitudes, c’est participer à la vie comme Jésus la pense et donc naturellement heureuse. La paix est donc aussi bien messianique qu’œuvre humaine. Elle est construction d’un vivre-ensemble en termes rationnels et moraux. Elle nécessite « Un humanisme ouvert à la transcendance ». Le pape appelle le monde moderne à prendre de la distance avec les théories soi disant pratique ne laissant à l’homme que la place de rouage et qui laisse la part belle au profit, au pouvoir. La paix nécessite l’abandon des théories relativistes.

3 La paix c’est la paix avec Dieu, sérénité avec soi même et le prochain. C’est par la connaissance de l’homme, et donc de son désir de transcendance du bien et de la justice divine que l’homme peut devenir artisan de paix et lutter contre le péché qui provoque le structures injustes, l’égoïsme, la violence, avidité, volonté de puissance.
La paix nécessité un retour de la compréhension de la dimension sociale de l’homme. Enfin la paix n’est pas une utopie mais une construction humaine car désir dans tous les cœurs humains. La venue de Jésus nous permet d’avoir un cœur nouveau, de vivre de véritables conversions. Tout individu ou communauté peut devenir artisan de paix car c’est une réalité qui touche les hommes à tous les niveaux de bien commun des différentes sociétés, de plus petites au monde entier.

4 Toute défense de la paix trouve sa cohérence dans la défense de la vie dans sa plénitude, dans sa dimension personnelle, communautaire et transcendante. Et dans la défense de celle-ci à chacune de ses étapes. Sommes-nous cohérents quand nous parlons de paix et promouvons l’avortement, les structures non-naturelles du mariage et l’euthanasie. Ensuite le pape signale les nouvelles difficultés de la liberté religieuse, non des difficultés d’existence mais d’exprimer et de matérialiser sa pensée religieuse. (remise en cause d’une certaine laïcité). Enfin, le pape souligne les dangers de la pensée libérale dans le monde du travail où les travailleurs ne deviennent plus que des rouages et où les fonctions fondamentales sociales de l’état sont rognées pour le bénéfice d’une théorie du marché, d’une finance et d’une logique économique. Cette défense de la paix passe par une réflexion renouvelée pour une politique d’un travail pour tous.

5 Le pape appelle à un nouveau regard sur l’économie ? Quel sont nos biens ? Nous avons des idoles si nous substituons le bien essentiel (Dieu) aux autres biens. La crise actuelle est le signe que notre monde économique n’est pas artisan de paix. Il faut profiter de cette crise pour créer du nouveau.
« Le modèle prévalant des dernières décennies postulait la recherche de la maximalisation du profit et de la consommation, dans une optique individualiste et égoïste, tendant à évaluer les personnes seulement par leur capacité à répondre aux exigences de la compétitivité. Au contraire, dans une autre perspective, le succès véritable et durable s’obtient par le don de soi, de ses propres capacités intellectuelles, de son esprit d’initiative, parce que le développement économique vivable, c’est-à-dire authentiquement humain, a besoin du principe de gratuité comme expression de fraternité et de la logique du don. »
Comment relier notre activité économique au bien commun général, qui va au-delà de notre intérêt propre ? Alerte sur la crise alimentaire et les spéculateurs 


6 Comment préparer cette paix ? La famille chrétienne of course. Pour cela, protégeons le rôle des parents. L’Eglise aussi éduque vers la paix par l’apprentissage de la rencontre avec Jésus et la lutte contre l’injustice. L’école et l’université doit être présente pour construire les nouveaux outils d’un monde de paix, inviter à un renouvellement aux questions de développement du bien commun, celui-ci considéré comme un ensemble de relations interpersonnelles et institutionnelles positives, au service de la croissance intégrale des individus et des groupes, est à la base de toute éducation véritable à la paix.

7 Comment proposer la pédagogie de la paix en effet? Celle-ci exige une vie intérieure, morale, des références, des comportements précis, un sens du bien commun. L’éducation à la tolérance ne suffit plus. Compréhension de la violence, sens du pardon. Cela demande d’élever le débat, de renouveler la vision de l’histoire. Evitons toujours les idoles et soyons des êtres d’action, de compassion, de solidarité, de courage et de persévérance. Jésus incarne ces vertus, il est aussi ce qu’il faut trouver dans ce monde, Dieu solidaire des hommes.

Seigneur, fais de nous des instruments de paix, pour porter ton amour, là où il y a la haine, le pardon là où il y a l’offense, la vraie foi là où il y a le doute.

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