Apologie Chrétienne moderne, le père Marc Lambret, dont j'ai déjà quelquefois parlé sur ce blog, tente de renouer le dialogue avec la modernité. Pourquoi ce qu'il nous reste de mieux à faire est de prendre le risque de la foi chrétienne ?
Après avoir dessiné un tableau d'une situation de crise culturelle et humaine, Marc Lambret dessinera plus précisément le tableau de la France moderne. D'abord, il souhaite briser les mauvais réflexes intellectuels de notre temps:
- Il réhabilite le terme "religieux" (il n'y a pas de terme plus noble pour un homme). L'être, c'est être responsable vis à vis de la vie, c'est l'homme qui veut être digne de vivre selon sa conscience. Les grandes religions sont les grandes traditions humaines qui sont les plus exigeantes avec ce sens de la responsabilité et de conscience. La religion est rationnelle, elle place au cœur de sa recherche le sens, la justice, le bien et le mal pour l'humanité.
- Il réhabilite le terme "religieux" (il n'y a pas de terme plus noble pour un homme). L'être, c'est être responsable vis à vis de la vie, c'est l'homme qui veut être digne de vivre selon sa conscience. Les grandes religions sont les grandes traditions humaines qui sont les plus exigeantes avec ce sens de la responsabilité et de conscience. La religion est rationnelle, elle place au cœur de sa recherche le sens, la justice, le bien et le mal pour l'humanité.
- Dieu ? Considérons le d'abord comme notre grand point d'interrogation, notre grand inconnu, pourquoi l'enlever de l'équation ? De toute façon, tout dépend de nos actes. Pourquoi faire des actes bons ?
Ils sont toujours le fruit de notre perspective de sens pour une humanité responsable.
-Notre influence biblique, paradoxalement, ne nous permet plus de réfléchir le sens religieux universel. Les humanités grecs et latines sont pourtant, en quelque sorte, le trésor de la "religion" (souvent sans dieu) des anciens. Nous sommes les fruits de l'originalité biblique d'un Dieu d'alliance. C'est notre chance et notre difficulté de penser l'universalité religieuse qui n'est pas un détail accidentel des homo sapiens mais ce qui en eux est essentiel pour survivre et s'instituer.
Ils sont toujours le fruit de notre perspective de sens pour une humanité responsable.
-Notre influence biblique, paradoxalement, ne nous permet plus de réfléchir le sens religieux universel. Les humanités grecs et latines sont pourtant, en quelque sorte, le trésor de la "religion" (souvent sans dieu) des anciens. Nous sommes les fruits de l'originalité biblique d'un Dieu d'alliance. C'est notre chance et notre difficulté de penser l'universalité religieuse qui n'est pas un détail accidentel des homo sapiens mais ce qui en eux est essentiel pour survivre et s'instituer.
-L’agnosticisme est un rationalisme refusant toute métaphysique. Pourtant la science ne peut pas aller jusque là et le doute de cette école n’atteint jamais leur propre scepticisme. L’agnostique ferme des chemins, ce qui peut lui rendre absurde la réalité du beau, du bon et du vrai. Cet agnosticisme se pose des questions limitées sur la violence antithéiste du XXeme siècle. L’athéisme humaniste part d’un bon je-ne-sais-pas, mais le flou et l’incohérence domine sur tout ces sujets.
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Lambret propose ensuite une thèse
originale qui découle de la première partie du livre : les français ont une religion. C’est
la religion de la démocratie.
La laïcité est devenu un pilier de la concorde
nationale avec pour but d’empêcher toute violence entre religion et pouvoir.
Reconnue par l’Eglise catholique comme séparation entre
pouvoir politique et religieux. (JPII et droits de l’homme, La congrégation
pour la doctrine de la foi a pu défendre cette laïcité car elle respecterait au
mieux les vérités procédant de la connaissance naturelle des hommes.) Il nous faut désormais coopérer pour trouver ce qui est bon pour la nature humaine. Et c’est ce que recherche notre
époque moderne après les terribles guerres du XXème et le vide laissé par les traditions
religieuses. Habermas et Rawles, les deux grands théoriciens sociaux pensent
que la démocratie se suffit à elle-même, les religions peuvent servir pour les moments
les plus sensibles et intimes mais la structure démocratique suffit pour le
chemin de concorde humaine, nous sommes aussi le sommet de l’émancipation par
les lumières et la raison. Mais les
événements leur donnent tort, il n’y plus que crainte, peur de l’avenir, nous
sommes redevenus des païens pessimistes et raisonnables. Cette religion de la démocratie qui veut
utiliser toutes les autres pour son ordre se rend compte malgré tout qu’elle ne
peut pas prendre le pouvoir liturgique total (au mieux, elle n’est pas
crédible, au pire, elle est dangereuse).
Pourtant, l’espérance demeure, les gens veulent toujours changer le monde…. Oui, nous avons développé notre raison au point de croire que notre capacité de maîtriser et diriger notre raison était sans borne. Hubris ! (né de la perspective inouïe de la révélation du Christ et surtout de la sécularisation des doctrines)
Pourtant, l’espérance demeure, les gens veulent toujours changer le monde…. Oui, nous avons développé notre raison au point de croire que notre capacité de maîtriser et diriger notre raison était sans borne. Hubris ! (né de la perspective inouïe de la révélation du Christ et surtout de la sécularisation des doctrines)
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Le père Lambret souligne aussi nos problèmes de rationalité par notre refus de la notion d'autorité.
La raison est la capacité
de nous rendre à la vérité en groupe, d’énoncer la réalité, de s'en approcher. La raison naît
du dialogue et de l’annonce d’argument. Lambret tente de nous montrer en quoi
ceux là sont toujours d’autorité. L’autorité est créatrice de sens
tout en étant soumise à la réalité. La critique est intérieure à la confiance.
Le fait est toujours consensus.
C'est en cela que la démocratie est un beau programme, tout homme est digne de participer à la loi et elle permet le
dialogue le plus fructueux possible. La démocratie est la structure fait pour cet espoir de vérité, mais l'absolutiser n'aide en rien. L’homme a gardé les promesses du bonheur démocratique et entrevoit aussi un processus destructeur.
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Faisons le point sur le sécularisme qui a conduit cette transformation.
Jamais l’expression aller dans le
mur a été autant répétée, signe de la perception de la linéarité historique des
modernes et des inquiétudes sur la perte d’horizon de ceux-ci. Le rêve de
maîtrise est devenu obsession impossible. La rationalisation et l’autonomie du
droit ont eu des conséquences incroyables. La légalité a pris le pas sur la
légitimité. Or, la complexité de la loi et de la technique nous isole, notre
conscience est désarmée, nous avons quitté l’arbitraire à une servitude que
nous parons de notre assentiment. Nous sommes rouages. Nous vivons leur
étourdissement et leur incompréhension. Parallèlement notre abandon de la
métaphysique ne nous permet plus de réfléchir la fin de l’homme. Pourtant nos décisions ont toujours des bases anthropologiques et métaphysiques. Mais nous avons perdu la
sagesse et nous nous croyons affranchis
des conditions d’origines de l’humanité. Comment ne pas voir que l’humanité n’est
jamais dans le dépassement de la
religion et que celle de la démocratie est trop faible et qu'elle nous empêche de
vivre intelligemment la période de crise, même si venant d'un cadre pouvant être fructueux.
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Et si nous étions chrétiens ?
Enfin, Lambret nous montre que ce que la société garde de sa foi chrétienne est très faible mais que ce petit reste est souvent meilleur que ce que tente d’apporter la nouvelle religion démocratique. Le Christ nous a conduit vers des sommets lumineux où nous ne pouvons revenir sans lui. C’est la crise de la sécularisation. (exemple du mariage, malgré les malheurs du couple, les gens veulent se marier à l’Eglise.)
Enfin, Lambret nous montre que ce que la société garde de sa foi chrétienne est très faible mais que ce petit reste est souvent meilleur que ce que tente d’apporter la nouvelle religion démocratique. Le Christ nous a conduit vers des sommets lumineux où nous ne pouvons revenir sans lui. C’est la crise de la sécularisation. (exemple du mariage, malgré les malheurs du couple, les gens veulent se marier à l’Eglise.)
Lambret nous invite à redécouvrir la
beauté et la rationalité des sacrements chrétiens, et tout spécialement du
mariage qui se fonde par deux baptisés qui veulent aller au bout de la logique
du Salut par le Christ et de la recréation du monde dont le baptême est le sacrement.
Ce mariage est le symbole de l’alliance entre Dieu et les hommes. Alliance non
sans chute mais toujours avec proposition de réconciliation.
La foi catholique, encore est un
scandale car elle propose de sauver toute l’histoire humaine, chaque homme doit
être arraché du néant. Tout cela viendrait de Jésus, fils de Dieu incarné qui a
fait de sa vie un sacrifice pour la rédemption et le salut du monde. Toute le
crédo peut être tourné en dérision en rengaine mais il y a ici une force comme
il n’y en a nulle part ailleurs, Jésus est l’accomplissement inattendu de nos
désir d’union d’amour universel.
Bref Lambret montre combien nous avons à gagner à prendre au sérieux la proposition chrétienne. Arrêtons avec nos fausses religions, nos idolâtries, redevenons rationnel et embrassons ce qui nous permet de voir juste sur la réalité, nos expériences, nos relations et nos espoirs, embrassons le Christ. Sa parole et son corps sont le lieu surprenant mais véritable de notre communion .
Résumé du livre par chapitre :
















