Affichage des articles dont le libellé est crise. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est crise. Afficher tous les articles
mardi 9 mai 2017
Solzhenytsine à Harvard
Vous trouverez ci-dessous un résumé personnel du discours de Soljenitsyne à Harvard en 1978.
Vous trouverez ici la version originale et là la version française.
Je hais le modèle socialiste soviétique qui m’a persécuté mais vous, occidentaux triomphants, n’êtes pas non plus un modèle pour le monde.
Vous êtes malheureux.
Vous êtes lâches.
Votre confort vous a amolli.
Votre recherche de bonheur institutionnalisée et concurrentielle est contreproductive.
Vous êtes complètement déspiritualisé, regardez votre peu de souci du bien commun et de la défense de vos intérêts !
Vous avez un système légaliste dont vous êtes moralement fier mais qui n’est outil d’expert pour discussions médiocres et paralysée face à la vraie violence et au mal.
Vos thèses sociales de la violence sont inaptes.
Votre liberté des médias est un jeu d’opinion impuni, inutile et nocif et un flot d’information débilitant.
Elle crée une conformité mainstream fière d’elle-même mais nocive.
Vos penseurs originaux sont bloqués face à la pesanteur de la masse abrutie.
Votre art tombe.
Votre élite tombe.
Vous n’avez plus que le vernis de la civilisation.
Vos sourires omniprésents vous cachent à vous-mêmes le combat spirituel sanglant.
Les raisons du déclin ?
Ce n’est pas du premièrement à une trahison mais à votre fidélité à l’erreur d’une pensée moderne humaniste rationaliste du culte de l’homme.
Certes la pensée moderne a fui aussi la pensée médiéviste pour de bonnes raisons, pas assez incarnée. Mais vous avez perdu le fil de la transmission concernant le lien entre transcendance et liberté malgré les hauteurs de l’héritage moral et les merveilles de la miséricorde.
Bref vous êtes en crise spirituelle et en impasse politique comme à l’est.
C’est normal, l’humanisme matérialiste est le creuset de la pensée des deux côtés du mur. Frères jumeaux destructeurs…
Même espoir vain dans le politico-social scientiste.
Même matérialisme sans frein.
Même « libération » de la religion.
Vous avez perdu le sens de la mort, du devoir et des buts élevés.
Rien ne modère plus vos passions.
Nous vivons une époque charnière, soyons en à la hauteur sans mépris de notre nature physique et spirituelle.
lundi 28 mars 2016
François Taillandier - Le cas Gentile
Sait-on à quoi tient l'équilibre intérieur des hommes ?
Il est rare que je sente une telle paix après un roman. Paix qui me fait désigner ce roman comme une œuvre importante de notre modernité. (mais surtout pour moi avant tout...)
Nous suivons la crise existentielle d'un pompier italien. Il s'appelle Gentile, nous ne saurons jamais son prénom. Il vient de détruire à coup de barre de fer des panneaux publicitaires dans la gare de sa ville représentant des scènes de flirt entre un homme et une femme pour des habits ou du parfum. Il est mis à pied avec beaucoup de délicatesse par les pompiers qui souhaitent l'aider et craignent la contagion. Oui, même les pompiers vivent de plus en plus l'ultra moderne solitude.
Mais un an plus tôt, il fut connu pour un autre évènement. C'est lui qui sauva la Santissima Tela. Relique d'un tissu ayant pu couvrir le Christ mort et objet mystérieux (tout comme cet incendie qui faillit le détruire.)
Un désespoir moderne
Nous suivons ce pompier divorcé, dans sa solitude de mise à pied. Nous
suivons aussi les trois personnes qui sont amenées à s'intéresser à son
cas. Un prêtre, une journaliste et un syndicaliste.
Nous le suivons aussi par le regard de ces trois personnes qui s'intéressent vraiment à lui.
Nous suivons ces pensées ou son ruminement, son malaise, son tâtonnement. Il n'y arrive pas, à mettre des mots sur ce qu'il vit, sur ses fuites, sur son malheur, ses mauvaises rencontres féminines. Son désespoir.
Je désexiste. Je disparais, je suis rien. Je suis une boussole démagnétisé, je ne suis pas ce que les autres attendaient de moi. Les rivaux sont partout et me montrent ma défaite. Les femmes montrent que je ne suis pas ce que je devrais être. Je ne peux plus leur parler. Je ne suis plus présent. Je ne suis plus à la hauteur. Les photos m’agressent.
L'homme est une atlante, membre d'un ordre qu'il ne comprend plus et où il se sent d'autant plus inutile, qu'il conçoit cet ordre comme une comédie où il a tout à perdre. Sacrifice méprisé, personne ne l'attendait et il avait existé par hasard.
Que pensent les trois personnes le suivant avec attention ? La femme qui voit la crise de l'homme et qui se demande comment revivre
en paix avec l'autre sexe, le syndicaliste qui voit la crise de la
communauté et du travail et le prêtre, médiateur et homme de prière.
L'écrivain nous montre aussi un chemin de la contagion de la crise. Le couple, la communauté de travail et la communauté de prière. Tout est en crise. Et ceux là, non indifférents, sont au chevet de l'homme.
Une conversion moderne.
Pourtant notre Gentile se réveillera de sa chambre d’hôpital, il ira sur les collines environnant la ville. Il pense à son malheur et change de regard sur lui. Son malheur était celui d'un monstre, sa tristesse un malentendu sur lui-même et ses désirs. Il voulait être tout. Tout son malheur résidait à l'incompatibilité de son désir d'absolu de lui-même et la réalité.
Néro (personnage de méchant cruel d'une mauvaise bande dessinée) était son compagnon, le démoralisateur, l'accusateur, le complice de son désir de toute puissance, le modèle inatteignable. Modèle des désirs que l'on ne discute plus. Il habitue "les consciences à l'incertitude, à l'instabilité, à l'impermanence de tout, au caractère aléatoire des changements, à la dissociation de l'apparence et du sens, afin que vacille le moral de l'humanité."
Parallèlement le prêtre qui suit Gentile a ses mots: La messe annonce une identité : vous êtes enfants de Dieu.
La conversion de Gentile (qui est probablement la conversion de l'auteur ou celle que vit l'auteur quand il écrit le livre : voir cet interview : En effet, les préoccupations spirituelles traversent mes romans de différentes façons… Je pense d’ailleurs que Le cas Gentile est le roman d’une conversion, de ma (re)conversion – et je ne le savais pas quand je l’écrivais.), la conversion de Gentile, donc, est la conversion possible de l'homme moderne qui une fois qu'il est pris sur le chemin d'une modernité qui est destruction d'ordre malgré elle, ne peut plus attendre d'autre justification que celle du Seigneur. Justification non pas lourde et méchante comme le monde aime mais discrète et miséricordieuse comme l'est la représentation de la Santissima Tela.
Je suis une question comme l'est cette toile et comme Jésus se demande à ses disciples. "Et pour vous qui suis je ?"
Le chemin du Gentile est aussi le chemin du Christ, Un chemin de croix qui mène vers une résurrection. La rencontre du Christ par ce saint voile va produire ce chemin qui est celui de notre époque. Un chemin de croix qui appelle sa résurrection. Crise et résurrection.
Un livre et une prière pour notre temps
Je suis marqué par cette affirmation de René Girard : Il existe un canon des chefs d’œuvre comme il existe un canon biblique.
J'aimerais expliquer pourquoi ce livre humble et court fait partie de ce canon.
Le canon qu'évoquait Girard parle de ces romans qui révèle la dimension mimétique de l'homme et des sociétés. Ces livres témoignent aussi de l'époque en ceci où elle à maille à partir avec cette propre révélation. Nous sommes loin de Don Quichotte, nous sommes plus près de Dostoievski mais Taillandier tente de témoigner de l'époque suivante, de la crise interne de l'individu, du mouvement où la médiation interne rivalitaire s'inscrit désormais au tréfonds de l'homme. Elle est au niveau du tous contre tous, réfugié en nous même.
Le salut ne peut que se retrouver en celui qui a provoqué la remise en cause profonde de l'homme.
L'appel de la vérité se fait tragique en chaque homme et société.
Le mal est comme un sucre qui se diffuse dans un verre d'eau.
Et au milieu partout dans le roman, l'image du saint suaire est présente. Ce livre en fait une méditation profonde, lieu de la rencontre entre Divin et humain. A rebrousse poil de toutes les représentations mensongères, idolâtriques et "neronienne" de l'homme.
Replongeons dans ce voile, dans cette question, et imitons le. Il est allé au bout de la crise et nous conduit vers la résurrection.
Avant le récit de la conversion de Gentile, nous entendons le prêtre dire une prière devant l'image. Cette prière est la notre :
Seigneur, murmura-t-il, fais que ton serviteur Gentile, retrouve le chemin qu'il a perdu. Fais que cette femme sache l'aimer, car c'est, je crois, ce qu'elle désire. Donne leur la paix en ce monde, et conduis les vers ta lumière. Toi seul connais, derrière tes yeux clos, l'autre versant de cette existence. Mais un jour, viendra la résurrection de la chair, et tu nous rendras ton regard. Alors, comme l'a dit Jean, ton apôtre, le livre de la vie sera ouvert, nous saurons qui nous sommes et ce que nous vivons. Nous espérons ce jour, Seigneur, nous attendons qu'il vienne. Ainsi soit-il, au nom du Père, du Fils et du saint Esprit !"
Amen....
plus bas, un long recueil de citations....
----------------------------
vendredi 1 janvier 2016
René Girard sur le malentendu anti-religieux moderne
Belle année 2016 à vous.
J'ai retrouvé cette citation en re-parcourant "Achever Clausewitz" de René Girard. Elle me semble parfaite pour illustrer certains débats sur le religieux et surtout l'esprit du temps :
J'ai retrouvé cette citation en re-parcourant "Achever Clausewitz" de René Girard. Elle me semble parfaite pour illustrer certains débats sur le religieux et surtout l'esprit du temps :
La religion chrétienne montre le caractère central du religieux dans la genèse de la culture. C'est le christianisme qui est la vraie démystification du religieux, parce qu'il dénonce l'erreur sur laquelle le religieux archaïque est fondé : l'efficacité du bouc-émissaire divinisé. La Révélation prive les hommes du religieux, et c'est cette privation qui se manifeste autour de nous de plus en plus, dans l'illusion naïve d'en avoir fini avec lui. Ceux qui croient en cette défaite du religieux le voient aujourd'hui réapparaître en tant que produit de leur démystification même : mais un produit souillé, démonétisé, affolé par la révélation dont il a été l'objet. C'est cette perte du sacrificiel, seul système à même de contenir la violence, qui ramène cette violence parmi nous. L'anti-religion actuelle cumule une telle masse d'erreur et de non-sens au sujet du religieux, qu'on peut à peine en faire la satire. Elle sert la cause qu'elle croit desservir, et défend secrètement l'erreur qu'elle croit détruire, affolant le religieux sans parvenir à le maîtriser. En cherchant à démystifier le sacrificiel, la démystification actuelle fait donc beaucoup moins bien le travail du christianisme qu'elle croit attaquer, car elle le confond toujours plus avec le religieux archaïque.
Achever Clausewitz p334
Comme le dit René, il n'y a plus de quoi rire. Nous nous trompons grotesquement. Nous sommes plus chrétien que nous le croyons et pas autant qu'il le faudrait. Cet entre-deux crée notre malheur et notre folie.
Que faire ?
mercredi 4 décembre 2013
Stiegler et le FN
J'ai apprécié la lecture de cet interview de l'Express de Bernard Stiegler que je trouve presque toujours intéressant.
Que dit il de la situation actuelle ?
La montée des partis orientant vers un bouc émissaire est le signe que ce qui était avant notre médicament (la société industrielle des désirs) est devenu notre poison. Le peuple en souffre et n'arrive pas à se diagnostiquer. Prenons ce symptôme au sérieux et faisons en un outil de transformation bénéfique de notre industrie et de sortie heureuse de l'ère de la consommation.
c'est grâve docteur ?
Oui, c'est une maladie du désir...
c'est grâve docteur ?
Oui, c'est une maladie du désir...
Que comprendre de l'importance du votre FN ? C'est le signe du cinquième sens des français de la fin du modèle du XXeme siècle, et qu'il n'y a pas de paroles claires de la part des politiques officielles pour faire accoucher, exprimer ce sens.
Le mépris de la classe politicienne pour les électeurs du FN n'es pas approprié et c'est faire ce que l'on reproche au FN, créer des boucs émissaires et expulser les vrais sujets. Les gens souffrent.
Ne pas expliquer les causes de la douleur, c'est chercher des boucs-émissaires, cela marche autant pour les souffrances personnelles que les souffrances collectives.
Dire qu'il faut prendre soin des électeurs du FN, c'est dire qu'il faut prendre soin de tous les français qui souvent ne savent pas expliquer les causes de leurs souffrances. La puissance des marchés déstabilise toute la culture.
Le soin consiste ici à rompre avec le consumérisme, qui a produit une insolvabilité généralisée et dégradé les consommateurs sur les plans physique et psychique.
Sarkozy a représenté cette course vers le consumérisme et non la réponse aux vrais problèmes. Le modèle du XXème siècle qui avait fondé la prospérité est devenu toxique. Ce qui était bénéfique est devenu maléfique. Le remède est devenu poison.
Cette crise du modèle consumériste vient de loin, émergence des anciens pays colonisés (1970) puis financiarisation du capitalisme et décision de produire hors des frontières. Au début le FN suivait cette vague en disant que l'Etat était le problème. Il y a malgré tout une ligne directrice du FN selon Stiegler, la ligne ultralibérale ou antimondialisation du FN servirait à faire diversion sur le processus de désignation du bouc émissaire. Mais au final, elle ne remet pas en cause le consumérisme.
Pour lutter contre ces mauvais signaux que sont les voix données au Front National, il faut instaurer une économie de contribution lié à un nouveau modèle industriel. Le modèle d'un internet collaboratif est un bon signe. Il faut rompre avec la prolétarisation du travail (perte des savoir-faire par la machine) et de la prolétarisation du consommateur (destruction du savoir vivre par le marketing).
Cela implique une refondation de la politique et de la recherche, conception contributive du web, industrie numérique alternative dont Snowden doit être le saint patron. Conception démocratique des nouveaux instruments de savoir.
Objectif : transition entre le consumérisme et le nouveau modèle industriel.
On redistribue du savoir et on maintient les capacités diverses des habitants
Cela signifie que le modèle fordiste et keynésien, qui consistait à redistribuer les gains de productivité pour distribuer du pouvoir d'achat et "faire tourner" la machine consumériste, est définitivement mort. Tel est l'enjeu pour la France en 2025.
Remise en cause de l'incarcération. Que peut il en sortir de bon désormais ?
La vie est intenable mais il y a du temps, comment faire pour en faire du temps profitable pour le pays.
temps de capacitation...
mardi 6 août 2013
Juvin crise et prospection - Eloge paradoxal de la différenciation ?
Eclairage intéressant et construit sur la crise de la part de Hérvé Juvin. Partant des derniers échecs impériaux américains, il veut nous faire sentir ce qui selon lui sont les principaux vecteurs de changement du monde moderne et de son insaisissabilité nouvelle. Un optimisme nous est il possible ?
Pour contrer l'apocalypse, Juvin conclut sur son combat pour la différenciation. Celui ci doit sûrement à sa perception de l'indifférenciation provoquée par la mondialisation. Noble intention, mais n'est ce pas refuser de voir le mimétisme naturel des individus et des peuples ? J'aimerais aussi le rétablissement des frontières, appuyer sur le bouton pause de la mondialisation, mais que veut dire respecter les différences, les identités quand tout est brûlé par la version laïque de la révélation chrétienne ? Une conversion personnelle de racines mythiques ? Tous les optimismes de Juvin ne sont ils pas dépendants d'une conversion mondiale ? Ou bien, on peut penser que la conversion mondiale passe aussi par l'acceptation des Etats par eux-même et des individus à se respecter. Certes, mais là encore, cet optimisme que je trouve merveilleux et sincère me semble se heurter à l'impossibilité théorique d'une laïcisation du christianisme....
Juvin n'entre-t-il pas dans l'injonction paradoxale tel qu'elle est décrite dans cet article ? Les cultures peuvent ils se passer du feu brûlant chrétien, ce feu laissera t-il la place à une différenciation dans l'unité ? Juvin n'est il pas plutôt nostalgique d'un monde rempli de barrières sacrificielles car nostalgique de la paix que celles-ci procuraient ?
Bref, je me perçois tout à coup comme un horrible universaliste qui en fin de compte, tout en étant effrayé par l'uniformisation mondialiste, n'arrive pas à prendre jusqu'au bout au sérieux les "différences" ou bien la capacité des hommes à les accepter définitivement hors d'une conception eucharistique... C'est surement à modérer....
A modérer par exemple par la beauté de nos visages divers...
Mais Juvin parle seulement de la diversité humaine qu'à la toute fin d'une conférence où il soulève un tas de questions passionnantes...
--------------
Le monde est insaisissable car Gauchet a raison, hypertrophie du droit et conséquences dramatiques sur les sociétés occidentales au moi boursouflé et à l'état impuissant et velléitaire. Ensuite nous avons oublié les racines de notre prospérité, nous déconnectons, société, comportement personnel, tradition et progrès. Nous avons perdu le sens du bien commun et avons gaspillé les arômes de la vie réelle pour des points de productivité.
La suite de l'histoire ?
I risque d’indifférenciation généralisée, de guerre, de perte du sens du droit
II Catastrophe désirée par malignité, fascination ou manque de créativité. Le capitalisme européen découvre aussi rétrospectivement le bienfait du rideau de fer.
III Sentiment de déclassement et de mépris des classes dirigeantes. risque de révolte, d'accroissement de force policière préventive ou bien de créer un grand process pour un peuple décérébré...
Des signes pour nous rendre optimistes ? Oui... malgré tout...
Un islam qui est aussi menaçant que mise en doute de l'individualisme mondial destructeur.
Une Chine qui pourrait prendre le pari Trumanien du co-développement sans donnant ni leçon, ni modèle culturel.
Des aspirations écologiques défendues par des américains en recherche d'une grande cause messianique.
Remise en cause de l'économie comme sens du monde face aux malheurs intimes dévorant l'hmain.
La fin d'une union européenne anti européenne (universalisme désincarné)
Une France en quête de son identité et modèle d'équilibre entre unité et différence. Goûts renouvelés des frontières et des pouvoirs régaliens.
Ode final aux droits des peuples et des respects de la diversité humaine et sociales comme ferment de paix et de coopération.
Conférence d'Hervé Juvin : D'une crise à l... par webtele-libre
Conférence d'Hervé Juvin : D'une crise à l... par webtele-libre
Je conseille aussi cette interview de l'economiste russe alexandre Aivazov. Je ne le connais pas. Mais il resume ce qui se dit de plus en plus dans les medias non officiels. Comme il l'ecrit, et ce que je crois juste, le monde de 2020 ne ressemblera pas au monde d'aujourd'hui. C'est aussi excitant que terrifiant.
Résumé plus détaillé de la conference de Juvin :
mercredi 3 juillet 2013
Philippe Muray - interview Maxence Caron
Interview intéressante ici même. Maxence Caron présente et discute son livre dédié à Philippe Muray. Muray, les femmes et Dieu.
On peut ne pas aimer le style de Maxence Caron. On peut avoir même l'impression d'un mépris profond envers la masse, la foule, les médiocres, les gens qui tentent de penser... Bref à peu près tout le monde.
Mais il débusque des idées très intéressantes sur un auteur qu'il considère important tout en étant précis sur son cas.
Caron porte Muray en très haute estime, talent, don d'écrivain, ambition littéraire, unicité et solitude d'un génie, vraie pensée philosophique et historique
Mais Caron fustige le mythe Muray. Le libérateur réactionnaire, l'humoriste d'un monde en perdition qui perd toute colonne vertébrale pour tomber dans un age enfantin, faussement festif et laid. Très rapidement après sa mort, il a agglomère auprès de lui et de ses descriptions de la modernité, les ronchons et les "mal dans leur époque".
Caron démonte quelques clichés. Il présente Muray comme un soixante-huitard non abouti et qui a eu suffisamment de culture classique pour se dégoûter de sa génération et des slogans du "jouissez sans entrave" qu'il pratique pourtant. Il n'est pas un réactionnaire de souche.
Ensuite, la colère guide essentiellement Muray. Elle est finalement, selon Caron (et Delsol), impuissante et sauvage.
Et au milieu sont les femmes, objets d'admiration, de consommation, de mystère et signe miroir d'une société masculine qui place en elles toutes les espérances religieuses et voluptueuses.
Parallèlement, Caron souhaite réhabiliter Muray romancier. Il pense qu'il est la pointe de l'auteur et la tentative de romanciser la vie. Le roman étant l'art de vivre par excellence.
Belle analyse de Muray, utilisateur du catholicisme plutôt que catholique lui-même
Bref, voici une invitation a profiter de la lecture de Muray tout en ne partageant plus le snobisme du pire qui est le risque de la lecture de Muray.
Emission sur france culture entre Enthoven et Caron sur le cas Muray
Voici un texte de Cormary qui nous aide à toucher le catholicisme utilitaire de Muray et son salut par les femmes....
Citation plaisante de l'interview
L’on peut aisément constater que la crise à laquelle semble répondre l’œuvre de Muray n’est pas tant celle qui nous entoure au moment précis de cette fin 2011 – celle que le tout-venant appelle lui-même « la crise » avec à l’esprit des idées fort mêlées et confuses. La désignation de cette « crise », aussi obsessionnelle qu’indéfinie, ne constitue guère un phénomène encourageant pour l’intelligence, car lorsque le sens commun s’empare d’une notion, ce n’est guère là pour sa conscience le signe d’une pensée prochaine… Et c’est peut-être ici qu’il y a crise : lorsque la notion de « crise » est devenue le doxique repère du sens commun.
jeudi 26 juillet 2012
Giraud et Jouyet, quelle crise ?
Perdu dans les complexités de l'économie, dans les perceptions multiples de cet objet que l'on ne peut ni photographier, ni tenir.
Gael Giraud - colloque Gouvernance & Responsabilité from CCFD-TerreSolidaire on Vimeo.
1/3
2/3
3/3
addendum 16 Octobre 2012
interview Giroud à témoignage chrétien... Il développe ses thèses, impasse de la situation actuelle, conversion écologique, remiser tout sur le lien social
Je me demande, qui nous donnera l'image juste.
Je ne sais si c'est Gaël Giraud. Mais connaître son travail, son discours m'a procuré une grande joie.
Comment concilier vision honnête et rigoureuse, avec désir de justice et foi.
Je vous propose de mieux le connaître.
D'abord par son site personnel regroupant, ses travaux, interventions, cv etc...
Ensuite par l'intermédiaire de cette vidéo (un peu provocante) de 20 min donnée au CCFD
Gael Giraud - colloque Gouvernance & Responsabilité from CCFD-TerreSolidaire on Vimeo.
N’exagère t-il pas en ce qui concerne l'austérité et l'équilibre budgétaire ?
Mais n'a-t-il pas raison de se concentrer sur le processus de la dette publique ?
Ses solutions vertes, font-elles de lui un doux idéaliste ou homme responsable?
Si vous avez du courage, je peux vous proposer aussi la conférence dont il a pris part pour le carême 2012 à Notre dame de Paris.
(Si vous préférez lire, c'est ici.)
(Si vous préférez lire, c'est ici.)
Tandis que Giraud développe, j'ai fait connaissance de Jean-Pierre Jouyet.
Avez vous noté cette perle ?
Les salles de marché et les fonds sont les véritables "sociétés secrètes du XXIème siècle"
Dite dans une cathédrale française, cette phrase n'est tout de même pas innocente.
Suivant mon fil, je découvre cette conférence très intéressante, animée par Giraud, entre Jean-Pierre Jouyet et Charles-Henri Filippi.
Après avoir découvert un Jouyet très convainquant en orateur religieux à cravate, je le retrouve ici, badin, français (prendre avec humour les choses sérieuses, notamment...), critique, partie prenante, complexe, simple. Saurez-vous appréciez cette liberté (relative) de ton?
Oui, c'est un peu long...
1/3
2/3
3/3
Symbole paradoxal de l'élite administrative française, (promo Voltaire forever)
Réseau, dossier, haute culture, technicien et élégance française.
On ne sait plus si on doit le vouer au gémonies ou si on doit continuer à lui faire confiance et croire en sa bonne volonté.
Lui même ne se pose t-il pas la question ?
addendum 16 Octobre 2012
interview Giroud à témoignage chrétien... Il développe ses thèses, impasse de la situation actuelle, conversion écologique, remiser tout sur le lien social
Inscription à :
Articles (Atom)


