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vendredi 10 janvier 2014

Initiation à Levinas

Cette vidéo me permet de me donner une bonne initiation à Lévinas. Il n'est certes pas nommé avant la moitié de l'émission mais c'est une émission souhaitant initier au mystère du visage et à Totalité et infini.

Le visage ne se résume pas à ce qu'il manifeste. Il n'est pas investissable. Pur événement.
L'advenu de l'altérité qui nous oblige...


 description du visage d'Emma Bovary amoureuse. Description de ce que laisse entrevoir le visage et ce qu'il dissimule et ce dont elle témoigne.

Quand on parle d'un visage, on parle toujours d'autre chose ?

Portrait baudelairien d'Emma Bovary, sa passion malheureuse et sa mort sont déjà évoqué dans la splendeur de sa beauté.
A travers un visage, on décrit toujours plus qu'un visage... Elle est tout entière dans son visage et pourtant... ce n'est qu'une esquisse.
Contrairement, plus on est explicite, moins on en dit sur la personne.
Ce qui est propre à la personne n'est pas dans les traits.
Le visage est transparent mais il ne se résume pas à ce qu'il manifeste.
Levinas : Le visage est une énigme mais pas un secret. il n'y a peut être rien derrière. Le phénomène se donne. C'est la nudité, il se dévoile.
Le fauteuil a une fonction. Mais votre visage n'est pas investissable.

Elle dit de Freud qu'il verrait tout par le prisme du sexe. Ce qui est faux.
Il n'était pas obsédé et était intéressé par autre choses. La sexualité est une grille d'explication pour les comportements humains et explication psychologique. Fusion des desseins mais si explicite qu'elle en perd toute explication. Elle enferme, elle dit, vous avez tout compris.... Erreur. 
Visage évidence qui témoigne. Il y a quelque chose mais on ne sait pas encore quoi.

Magritte dit que le visage masque pourtant...
de quoi témoigne t-il, en les masquant ?
il ne témoigne de rien mais est peit du point de vue de chacun des amants. Aucun des deux ne peut voir le visage de l'autre. Quand on s'aime on ne voit plus vraiment les caractéristiques physiques. Plus on énumère les raisons d'un amour, l'amour est dissoute dans celles ci. 
Pascal : On aime toujours que pour des qualités empruntés. Le visage devient invisible.
Pourtant la forme demeure mais le visage excède cette forme.
Phénoménologie ? Épuiser un thème à force de le regarder. 

Décrire l'invisible, décrire ce qui ne se fait pas voir. Les phénomènes font voir l'invisible. Le visage, c'est l'infini qui se donne à voir.
Lévinas, totalité et infini : Le visage est présent dans son refus d'être contenu. Le visage n'est pas la forme plastique qui l'enferme. C'est l'advenu de l'altérité. Je vous vois mais vous n'êtes pas dans cette forme plastique. Vous allez vers infini.
Totalité ? Un égo veut bien penser autrui et le ramener dans la sphère de soi. Voracité, l'autre comme analogie de moi. Mais c'est faux. Vous m'échappez, même dans l'amour. Quelque chose me dépasse, et derrière ce quelque chose, il y a autre chose qui me dépasse.

Donc, deux manières de s'intéresser à quelqu'un d'autres. Voir ce qu'il a de commun avec moi. Soit ce qui nous distingue. Magritte s'attarde sur ce qu'ils ont en commun et non ce qui les distingue. 
N'est ce pas le voile de l’irréductibilité de l'autre. 
cela montre les limites de cette peinture. Magritte n'est pas en surplomb, sinon, c'est un peu triste....

Qu'est ce qui demeure dans le visage ?

Car une même personne peut être différente d'elle même
18 ans plus tard....
Même visage et non...
C'est ce sur quoi s'inscrit les aléas de l'existence. On peut lire l'histoire de cette femme. Mais le regard reste sévère. Son regard nous attire que l'on ne voit plus rien. Ce qui compte, c'est ce que le visage ne nnous done pas à voir. Manifestation (aleas de l'histoire) mais rien à voir car attiré dans la pupille où on aimerait plonger. Le plus important est l'oeil qui nous en dit le moins. mais ce qui nous en dit le plus car c'est là où l'on se perd.

Permanence et altération ? Arbib retient la permanence. Regard terrible car elle nous oblige. C'est ce qu'écrit Lévinas. C'est ce devant quoi, on se trouve en position d'infériorité. il nous oblige.

Alors le visage, le miroir de l'ame ?
Portrait des enfants tueurs....
Un beau visage dissimule ou montre la beauté de l'âme.
Le visage cache leur noirceur.
Troublant car la pensée occidentale basé sur le préjugé sur miroir de l'ame.
La beauté attire. Il y eut la physiognomonie, délit de sale gueule ou l'inverse. rève de déduire une psychologie par les traits du crane. Procédé romanesque et d'histoire de l'art. Le visage permet de lire des déterminations. 
Chez Lévinas, un visage n'est pas lisible.
Ne peut on pas faire de différence entre un visage et expression d'un visage ?
Pas important, pour Lévinas, c'est l'apparition même de l'autre. Epiphanie. Cela peut être un cou, le visage de l'autre.
Camus dans la chute qui croise une nuque qui a un très joli visage.
La nuque se suicidant, il atteint au sentiment de l'humanité qui brise son humanisme béat.
Passage Levinassien, la nuque qui crie, le visage appelle. Le visage c'est l'autre.

Socrate était laid, signe de la débauche et de la sottise.  Oui dit Socrate mais la raison m'a sauvé. Mon visage ne dit rien de moi.
Laideur revancharde ?
Silène pour voir les dieux.

mercredi 3 juillet 2013

Philippe Muray - interview Maxence Caron


Interview intéressante ici même. Maxence Caron présente et discute son livre dédié à Philippe Muray. Muray, les femmes et Dieu.

On peut ne pas aimer le style de Maxence Caron. On peut avoir même l'impression d'un mépris profond envers la masse, la foule, les médiocres, les gens qui tentent de penser... Bref à peu près tout le monde.

Mais il débusque des idées très intéressantes sur un auteur qu'il considère important tout en étant précis sur son cas.
Caron porte Muray en très haute estime, talent, don d'écrivain, ambition littéraire, unicité et solitude d'un génie, vraie pensée philosophique et historique
Mais Caron fustige le mythe Muray. Le libérateur réactionnaire, l'humoriste d'un monde en perdition qui perd toute colonne vertébrale pour tomber dans un age enfantin, faussement festif et laid. Très rapidement après sa mort, il a agglomère auprès de lui et de ses descriptions de la modernité, les ronchons et les "mal dans leur époque".

Caron démonte quelques clichés. Il présente Muray comme un soixante-huitard non abouti et qui a eu suffisamment de culture classique pour se dégoûter de sa génération et des slogans du "jouissez sans entrave" qu'il pratique pourtant. Il n'est pas un réactionnaire de souche.

Ensuite, la colère guide essentiellement Muray. Elle est finalement, selon Caron (et Delsol), impuissante et sauvage.
Et au milieu sont les femmes, objets d'admiration, de consommation, de mystère et signe miroir d'une société masculine qui place en elles toutes les espérances religieuses et voluptueuses.

Parallèlement, Caron souhaite réhabiliter Muray romancier. Il pense qu'il est la pointe de l'auteur et la tentative de romanciser la vie. Le roman étant l'art de vivre par excellence.
Belle analyse de Muray, utilisateur du catholicisme plutôt que catholique lui-même
Bref, voici une invitation a profiter de la lecture de Muray tout en ne partageant plus le snobisme du pire qui est le risque de la lecture de Muray.



Emission sur france culture entre Enthoven et Caron sur le cas Muray





Voici un texte de Cormary qui nous aide à toucher le catholicisme utilitaire de Muray et son salut par les femmes....


Citation plaisante de l'interview

L’on peut aisément constater que la crise à laquelle semble répondre l’œuvre de Muray n’est pas tant celle qui nous entoure au moment précis de cette fin 2011 – celle que le tout-venant appelle lui-même « la crise » avec à l’esprit des idées fort mêlées et confuses. La désignation de cette « crise », aussi obsessionnelle qu’indéfinie, ne constitue guère un phénomène encourageant pour l’intelligence, car lorsque le sens commun s’empare d’une notion, ce n’est guère là pour sa conscience le signe d’une pensée prochaine… Et c’est peut-être ici qu’il y a crise : lorsque la notion de « crise » est devenue le doxique repère du sens commun.