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jeudi 27 avril 2017

chesterton - why i am catholic ?



Pourquoi je suis catholique ?

Au-delà des bonnes raisons personnelles et sociales, Chesterton défend ici l’idée d’une Église, gardienne de la vérité, seule à même de nous permettre de retrouver les vérités essentielles et de nous éduquer à la raison contre les hérésies et le chaos intellectuel contemporain. Ouvrons les yeux sur les vieilles idées dangereuses recyclées en idée neuves et sexy. Embrassons l'Eglise de tout notre intelligence.

résumons...

Je pourrais faire un listing sans fin et original, dit Chesterton sur les vertus qu'Elle apporte, ce qui est bon pour l’homme…
Je pourrais parler de ma conversion intime mais cela réduirait la chose qui est finalement plus vaste que moi, nous parlons tout de même de la gardienne de la vérité…

Contre les idées nouvelles ??? Pas vraiment, ces idées que vous appelez nouvelles sont des vieilles idées recyclées alors que l’Église ne cesse de de devancer historiquement tout le monde pour le développement des idées véritablement nouvelles qu’elle n’hésite pas non plus à partager. Bref, Elle est l’ennemie des modes influentes.

Chesterton note que ces vieilles idées nocives apparaissent innocentes au prime abord. Exemples : Les actes sont mauvais seulement s’ils nuisent à la société. Nos conflits moraux devraient finir par une victoire du spirituel contre le matériel.

La première phrase finit par l’esclavagisme, et la seconde par le mépris de la création et de son propre corps.

L’Église balise dogmatiquement depuis deux millénaires, les autres écoles de pensée et de spiritualité ne sont pas préparées à tous les dangers

Elle a dans son escarcelle de quoi combattre contre toutes les hérésies présentes et futures, idolâtrique, ascétique, attaque contre la raison humaine des faux pragmatismes humains.

Elle garde le meilleur des hérésies, elle est au-delà des combats mimétiques absurdes comme celui entre les rationalistes et fondamentalistes. La Bible continuera toujours de parler à ce qui a de plus haut en l’homme au-delà de toute allégorie ou de littéralité.

Chesterton diagnostique un monde intellectuel en perdition. L’Eglise est et sera le lieu de la défense de l’homme, il propose quelques mots d’ordre de survie.

Défendons nos truismes humains et rendons les universaux.
Prévenons le morne retour des anciennes erreurs
Rendons le monde intellectuel plus sûr pour la démocratie.
Mais face à ce chaos mental général, les idées sombrent depuis que nous avons abandonné la volonté de conserver la vérité centrale et civilisatrice du Christ qui permet à toutes les autres vérités de se maintenir. Depuis chacun fait sa vérité et nous n’avons plus que l’erreur de l’idéologie.
L'Église est le lieu de ce procès des idéologies.

lundi 7 octobre 2013

Le scandale du pere Brown - Chesterton

Comme l'année dernière, je loue les lectures de vacances...

Surtout quand la légèreté s’unit avec la profondeur.
J'ai lu avec un bonheur fou les enquêtes du père Brown dans le recueil  : Le scandale du père Brown.
Voici de très courtes réactions et quelques commentaires.
A noter, le gout du pape pour Chesterton...



Le scandale du père Brown

Le père Brown aurait permis une évasion libertine d'une star ? Le journaliste puritain publie ! ...sans remarquer que celui-ci permettait à un couple marié de se retrouver... Idéalisation et fascination du péché peuvent se rejoindre.

L'homme éclair
Où le riche commercial tue l'honnête homme
Mais où avant il y eu une querelle virile mais correcte avec le musulman et une disputatio sur l'alcool. (Ôde au cherry brandy...)

Le livre maudit
Le spécialiste obnubilé par sa lucidité et son jugement peut se faire piéger par sa méconnaissance de son voisin de tous les jours.

L'homme vert
La noyade du marin, signe de l'escroquerie du comptable.
Deuil et ruine permettant à la jolie jeune femme de reconnaître l'honnête homme romanesque et l'ambitieux pragmatique.

La poursuite de mr Bleu
Où comment reconnaître un faux d'un beau témoignage et le curieux mimétisme entre la victime et le meurtrier. Terrible indifférenciation.

Le crime du communiste
L'hérésie est partout dans l'université. La plus évidente est le communisme mais le darwinisme libéral s'infiltre comme un serpent.

La piqûre d'épingle
Où nous découvrons la proximité entre la maison et la tombe.

L'insoluble problème
Où une mort naturelle déguisée en meurtre tente d'éloigner nos enquêteurs du véritable crime. Profanation d'un corps mort contre reliques glorieuses.
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Cette dernière nouvelle du dernier est à mettre en parallèle avec la toute première nouvelle du Père Brown, La croix bleu. Si la première lui permettait de séquestrer le dangereux voleur français Flambeau. La dernière consacre ce Flambeau devenu ami du Père Brown arrêtant le grand voleur anglais, Tiger Tyrone.

La première enquête sauve du voleur une croix bleue, la seconde sauve les reliques ornés de bijoux de la Martyre Sainte Dorothée et se termine par une méditation sur  la communion des saints que représente la procession où les a amené l'enquête et surtout sur l'adoration eucharistique, solution du problème insoluble de nos enquêteurs et pour nous tous. De la vénération de la raison et de la croix au mystère de l'Eucharistie. Tel est le chemin des enquêtes du père Brown auquel Chesterton nous convie pour cette œuvre de divertissement apologétique flamboyante. De l’idolâtrie du corps mort cachant son véritable mépris à son invitation à la vie éternelle... Cette dernière enquête est fascinante

He raised his eyes and saw through the veil of incense smoke and of twinkling lights that Benediction was drawing to its end while the procession waited. The sense of accumulated riches of time and tradition pressed past him like a crowd moving in rank after rank, through unending centuries; and high above them all, like a garland of unfading flames, like the sun of our mortal midnight, the great monstrance blazed against the darkness of the vaulted shadows, as it blazed against the black enigma of the universe. For some are convinced that this enigma also is an Insoluble Problem. And others have equal certitude that it has but one solution.




A noter
Dans l'homme éclair
L'enquête policière parle du mystère de l'unicité de chaque homme. Tout crime a de l'importance. Justification mystique et anti-sacrificielle de la police...

You seem very keen on this,' said the Inspector, a little puzzled. The priest looked puzzled also, as if at his own thoughts; he sat with knotted brow and then said abruptly: 'You see, it's so easy to be misunderstood. All men matter. You matter. I matter. It's the hardest thing in theology to believe.' The Inspector stared at him without comprehension; but he proceeded. 'We matter to God - God only knows why. But that's the only possible justification of the existence of policemen.' The policeman did not seem enlightened as to his own cosmic justification. 'Don't you see, the law really is right in a way, after all. If all men matter, all murders matter. That which He has so mysteriously created, we must not suffer to be mysteriously destroyed. But - ' He said the last word sharply, like one taking a new step in decision. 'But, when once I step off that mystical level of equality, I don't see that most of your important murders are particularly important. You are always telling me that this case and that is important. As a plain, practical man of the world, I must realize that it is the Prime Minister who has been murdered. As a plain, practical man of the world, I don't think that the Prime Minister matters at all. As a mere matter of human importance, I should say he hardly exists at all. Do you suppose if he and the other public men were shot dead tomorrow, there wouldn't be other people to stand up and say that every avenue was being explored, or that the Government had the matter under the gravest consideration? The masters of the modern world don't matter. Even the real masters don't matter much. Hardly anybody you ever read about in a newspaper matters at all.'




dimanche 21 juillet 2013

Saint Thomas du Créateur - Chesterton

Vous ne connaissez ni Chesterton, ni Saint Thomas ?

Ce livre est fait pour vous.... Chesterton nous rend intime Saint Thomas et la pédagogie de la science de Saint Thomas nous expose Chesterton comme un homme brillant, bon (quoique taquin) rendant essentiel tout ce qu'il touche.


Saint Thomas du Créateur, n'est pas une hagiographie comme les autres. Elle honore, elle rend vivant, elle défend la foi et montre d'une manière sensible les apports théologique de Saint Thomas. Dans ce livre qui est un ode à l'apport réaliste de la théologie thomiste, notre admirable anglais nous rend vivant Thomas par son corps, ses passions, ses tourments, sa famille, son temps, ses questions. 
Il est historien pour défendre le temps béni (malgré tout) du 13ème siècle. Il est pédagogue pour nous faire découvrir la pensée du docteur angélique, il est chrétien pour nous rendre vitale et quotidienne la compréhension de l'orthodoxie catholique. 
On ne peut quitter le livre sans s'émerveiller de nos sens et de notre capacité à travers eux de connaitre la réalité et de faire un pas vers la vérité. Nous partons à la chasse de la complétude de l'être dans chaque créature et création. Cette théologie nous rend scientifique, logique mais aussi poète, elle nous fait goûter la beauté de toute chose et nous montre le chemin vers Dieu par les sens. Le chrétien, l'homme complet, est l'homme qui sent et qui dit que cela est bon et rend grâce. Méfions nous de nos pessimismes, ils peuvent nous faire oublier l'essentiel, la joie de la création, ici, présente. Oublions nos vanités, faisons confiance aux sens et arrêtons nous de nous tromper sur l’être....
  Soyons catholiques, soyons des hommes complets !


I Deux moines mendiants.
Chesterton introduit son sujet en "comparant" les deux grands saints du XIIIeme siècle. St François et St Thomas. Soulignant leur opposition et leur "succès" récent.
Par leurs différences, il montre la richesse spirituelle de cette période, en quoi elle fut un épanouissement. Elle est le socle d'une orthodoxie renouvelée (notamment par  Aristote), moins augustinien mais plus naturelle et rationnelle. Le temps d'une culture vivante emportant une floraison de nouveauté. Il faut voire aussi la radicalité que ce que ces deux saints et cette époque ont apportée
Faisons revivre cette turbulence et comprenons le choc qu'ont pu vivre les gens de cette période face à cette pensée et au développement de la révélation.
La raison est fiable, les 5 sens aussi, l'incarnation est à prendre au sérieux. L'unité du corps et de l'âme fait l'homme. La scolastique est la vraie Réforme. (a noter la défense de st Dominique)

2 L'abbé fugitif
Chesterton veut nous faire sentir l'époque et l'environnement de St Thomas. Temps de l'après croisade, des guerres contre les albigeois.  Temps d'une aristocratie cosmopolite sans être globale. Différence nationale moins marqué, temps où une guerre globale fut moins possible. Les conflits sont dans des environnements micro. Ce qui permet une entente au niveau macro. Le grand conflit se révèle entre l'Eglise (et donc les intérêts du peuple selon Chesterton) contre le saint empire romain germanique représenté par le flamboyant et "moderne" Frédéric II, aristocrate se mêlant de philosophie, et homme national à la Bismarck et soldat international à la Charlemagne et Napoléon. Le rêve de l'empire. Thomas en est le fruit paradoxal de cette époque. Enfant par la chair de ce pouvoir et enfant du pape par l'esprit. Il créera le scandale dans sa famille en voulant devenir moine mendiant. Il sera emprisonné un an par sa propre famille (et même enlevé) pour ne pas déchoir le nom familial. Moyen Age... Curieuse coexistence de l'age de pierre et de l'age d'or...

3 La révolution aristotélicienne
Saint Albert est la figure inauguratrice du secours d'Aristote  dans la théologie chrétienne, lui ("la gloire de Paris") qui fut aussi une sorte de premier scientifique complet. Il fut le premier à faire confiance à cet homme  qui semblait un cancre pour les autres.
Mais Thomas fut celui qui baptisa définitivement Aristote. Ce fut un combat perpétuel et des polémiques jusqu'à sa mort. Il y eut deux remises en causes essentielles. 
La remise en cause des frères mendiants (défendue avec Thomas par Saint Bonaventure, alliance du mystique et du rationaliste) par les conservateurs de l'époque et la difficile réhabilitation d'Aristote amenée par les musulmans curieux. ("N'était il pas vrai qu'un musulman philosophe cessait de devenir musulman...").
Contre Aristote, il fallait comprendre l'importance de Platon et d'Augustin dans l'Eglise jusqu'au XIIIeme siècle. Les pères de l'Eglise était souvent néo platoniciens et Augustin le grand par ailleurs, avait disséminé des idées pessimistes. il faut voir malgré tout Thomas comme dans la continuité de cette grande histoire philosophique qui n'y trouvera de cassure que plus tard.
Chesterton veut faire comprendre (en plus de montrer une époque incroyablement virtuose et essentielle) que la révolution aristotélicienne est la révolution religieuse. Byzance serait le contre exemple parfait. Le crucifix trempé dans le bain "oriental" devient une croix abstraite et qui prépare le terrain à l'iconoclaste musulman. Aristote, c'est l'effort du christianisme de revenir du mépris du corps, un retour au sens de l'humain et au sens tout court. L'étude du ver de terre conduit à l'étude de l'univers.
Chesterton dit que c'est une révolution car ce fut la révolution la plus conquérante de la chrétienté. la raison et les sens sont le chemin vers la vérité.
Il est bon de se rappeler aussi de la colère de Saint Thomas contre Sigier de Brabant, prétendant que la vérité n'est pas une et qu'une vérité scientifique allant contre la vérité de la foi n'était pas préjudiciable.
Saint Thomas nous donne un cours de controverse alors... Partir des arguments, du terrain de la pensée de l'opposant.

4 Une méditation sur les manichéens
Ce fut un combat essentiel pour Saint Thomas. On confond souvent ascétisme et catholicisme. Or celui ci adoucit le premier en comparaison de toutes les fois orientales. Pour la foi catholique, il y a d'abord la glorification de la vie, de l'être, du créateur et ensuite la conscience de la chute... Et l’ascétisme catholique est lutte contre ses conséquences. Au contraire des manichéismes où la nature est mauvaise. Le mal a ses racines dans la nature et a donc des droits sur elle. En conséquence, il y a le dualisme, (bien et mal égaux) la gnose (monde spirituel créé par le bon et le monde naturel par les démons) et même influença le calvinisme, Dieu créa le bien et le mal. Or pour les catholiques, "Dieu vit que cela "était bon", il n'y a pas de mauvaises choses, il n'y a que des mauvais usages. Bref, l'oeuvre de l'enfer est purement spirituelle.
Si pour eux, la pureté est synonyme d'infertilité, c'est l'inverse pour les catholiques. Si ils sont penchés vers la complaisance intérieure, le Christ nous pousse à la réalité du monde, à l'optimisation du bien de la vie,(comparaison avec le désespoir sublime de Bouddha....), au baptême des sens, bref au retour d'un matérialisme.
La lutte de l'Eglise contre les hérésies est toujours intérieure et extérieure. A noter, ode au jeûne et à St Louis

5 La vraie vie de Saint Thomas
Chesterton développe certains traits de caractère de Saint Thomas qui pour lui est un saint exceptionnel car il sait qu'il ne l'est pas et ne le prend pas pour une forme de prérogative. Rond comme un tonneau, distrait mais avec la présence d'une flamme intérieure, concentré sur sa pensée et ses contradicteurs, comme un contemplatif. Simple lucide, productif, envie de répondre à toutes les questions. Non ironique.
Alliance du détachement spirituel et de la cogitation intérieure.
Soleil noir. Discret et n'éclairant qu'autrui. réservé, discret. Attentif à la bonne chaire et à la gaieté. Impatiente passion pour les pauvres. Peu sensibles aux tentations de la chaire.
Avec les témoignages, nous pouvons découvrir une seconde vie que Thomas cherchait toujours à cacher. La lévitation, les encouragements du Christ en croix.
Poête, charitable. Humble, comptant son œuvre comme paille en comparaison de ses intuitions mystiques. Peu après il doit partir pour le concile de Lyon. il mourra sur le chemin. On lui lisait le cantique des cantiques et se confessa comme un enfant.
Chesterton écrit que parler de théologie, c'est parler de la relation que Dieu a avec tous les saints...

6 Invitation au Thomisme
Il faut voir le thomisme comme la philosophie du bon sens.(ce qui est est)  Mais comment faire alors que nous vivons dans le paradoxe intellectuelle depuis la réforme. On nous demande de renier notre bon sens et la réalité pour trouver la vérité... Chesterton demande à ce que nous acceptions le réel ou bien de nous taire. Tous solipsiste ou sceptique cohérent est un homme qui doit retourner au silence. Acceptons la réalité, l'"Ens", que l'être soit.
Deux obstacles sont face à nous. Les problèmes de langue et de traduction qui nous font rater le poids des mots de Thomas (ex de l'Ens), d'atmosphère.
Et enfin de méthode logique. Rendons grâce au syllogisme  et à la méthode déductive de Thomas. On nous fait croire qu' on peut la dépasser, mais toute substitution reprend les mêmes méthodes mais en les amputant.  L'induction est une mauvais déduction que Chesterton explique par l’obnubilation des prémisses du syllogisme, contre leurs conclusions, par une génération gâtée par trop de prémisses...
Bref ode au bon sens (et non au pragmatisme, très différent). Exemple de l'utilisation du mot forme. (ce qui peut donner à la chose son identité.)

7 La philosophie éternelle

Chesterton voit dans la philosophie de Thomas d'Aquin le mélange crucial (mais à développer) de l'anthropologie et de la théologie. il note aussi que sa méthode est proche de celle des "agnostiques" modernes. Tout ce qui est pensable est d'abord passé par les cinq sens. (inverse des mystiques et des platoniciens) Malheureusement les agnostiques appellent inconnaissable tout ce qui importe le plus à l'homme ce qui les conduit souvent vers des axiomes antiscientifiques.
Lignes essentielles de sa philosophie?
Réalisme : Ce qui est est
Il y a le vrai et le faux (l'Etre n'est pas tout à fait la vérité qui est appréhension de celui-ci).
Mais l'Etre est en mouvement et en évolution. Nous ne pouvons voir l'être dans sa complétude. (eau, glaçon vapeur, enfant, homme vieillard etc..); Beaucoup de religion et de philosophies irréalistes naissent de la déception de l'impossibilité de saisir la complétude de l'être.
Chesterton en profite pour montrer le judicieux de la pensée cosmologique chrétienne. Entre refus du matérialisme (non, l'univers ne s'est pas créé tout seul et aura une fin), de l'irréalisme (non, tout n'est pas illusion) et de l'évolutionnarisme (non, tout ce qui est mu est mu par quelque chose.)
En conséquence, Thomas lutte contre le nominalisme, ou l'impossibilité de lois universelles. Et il regrette que les progressistes refusent de voir la source du "meilleur" dans leur perception de l'évolution créatrice...
Bref, reconnaissance absolue du réel comme chemin vers Dieu, l'Etre et prendre en compte son mouvement. Existence d'idée générale.
L'un et le multiple ? Les objets et la création n'ont rien en commun si ce n'est l'Etre. Tout ce qui est est, mais il  n'est pas vrai que tout ce qui est soit un.
Appelons nous de nos voeux ce monde ou tout serait complétude ?

8 La postérité se Saint Thomas
Contrairement aux apparences (pas de style virtuose ni flamboyant) œuvres propice à l'imagination. Poésie essentielle du rapport à la réalité. Étrangeté  merveilleuse de l'objectivité, banalité du subjectif et de l'introversion. L’extérieur dilate l'esprit. Celui ci n'est ni le buvard niais que le créateur; il va, selon sa volonté, au plus loin de ce que la lumière lui propose. C'est un mariage destiné à être heureux. 
Là où les philosophies modernes ne sont que des doutes, Thomas a construit sur du solide.
De plus,  même si (et comme) c'est un auteur spirituel, il prend à pleine main les questions sociales. Homme de consultation et contre les décisions arbitraires. Attentif au danger de la confiance sans limite porté aux échanges économiques. Contre l'usure, il dit aussi que dans tout action commerçant, il y a quelque chose d'indigne. Les choses faites pour le commerce seront toujours moins bonne que pour sa propre consommation.
L'oeuvre de Saint Thomas est une réserve d'espérance pour une multitude de sujets pratiques.
Historiquement, elle fut une source de progrès en tout genre. Mais il faut avouer que la scolastique ait pu dégénérer. Les disciples à travers les siècles ont retiré toute la partie mystérieuse de l'étude de la réalité et de l'homme et la scolastique devint stérile. Il y a certes des raisons historiques (peste noire, baisse de niveau des clercs...) mais on peut aussi voir cette chute comme la revanche souterraine des augustiniens, ceux se concentrant sur l'aspect paralysant et pessimiste des vérités chrétiennes aidé par la méfiance en la rationalité (que Thomas glorifiait) et l'abandon à ses passions. Luther en est l'exemple remarquable, la reforme en est la concrétisation. Ce que Thomas avait combattu entra de nouveau dans le christianisme. Chesterton analyse cet esprit comme une perversion de la vertu de la crainte de Dieu. Là où il devait avoir complémentarité augustinienne et thomiste entre crainte de Dieu, déterminisme, impuissance de l'homme et libre arbitre, dignité de l'homme, nécessité des œuvres. Quand la réforme a brisé la dialectique, il y eut le souffle de cette religion élémentaire, affective et méfiance envers toute philosophie.
Théologiquement, Thomas et Luther ne boxent pas dans la même catégorie. Mais Luther, par sa carrure et son désespoir a inauguré une partie de notre histoire moderne. Luther, dans le débat et la pensée, ne met pas seulement son intelligence, il rajoute toujours sa personnalité. Il a détrône la raison, lui préférant la suggestion. Luther brûla les livres de Saint Thomas. 
Chesterton dit que ce petit livre oubliable est là pour témoigner et rendre grâce pour la philosophie éternelle.



Critique de Kechichian

Site dédié à l'oeuvre de Saint Thomas


Quelques extraits :


lundi 8 avril 2013

Chesterton par Simon Leys


Amené à m’intéresser à Simon Leys (notamment grâce à sa participation à une émission de Pivot), j'ai découvert qu'il a écrit un chapitre sur Chesterton dans son dernier livre que l'express a reproduit.
C'est une élocution d'un admirateur lors d'un colloque consacré à l'auteur anglais. il regroupe des petits points saillants de l'auteur anglais. Poesie, mal, amateurisme...





Chesterton est un poète ! Non pas par la forme de ses écrits mais plutôt dans sa recherche de prise avec le réel. La poésie est l'inventaire du réel, notre lien vital avec la réalité et donc notre propre salut mental.

Leys touche ensuite un point très juste. Il parle de la monstruosité bienheureuse de Chesterton. Ne nous le figurons nous pas comme un homme sans angoisse, portant l'orthodoxie catholique de l'homme avec joie, évidence et sans mimétisme vaniteux?

Leys nous dit qu'il faut lire le nomme jeudi : un cauchemar qui selon lui fait apparaître la proximité spirituelle de Chesterton et de Kafka. Chesterton serait l'homme qui serait ressorti vivant d'une confrontation avec son propre mal intérieur  Esprit jaillissant, il se sentit près de la folie,  la poésie le sauvât par l’intensité de sa recherche du réel  car „il n'y a pas de mauvaises choses mais seulement des pensées mauvaises". L’œuvre du ciel est matérielle, l’œuvre de l'enfer est entièrement spirituelle.”

Leys développe aussi l'idée Chestertonnienne de la supériorité de l'amateur sur le professionnel ? Car aucune activité humaine vraiment importante ne saurait être accomplie de manière professionnelle (imaginez vous un poète ou un vivant professionnel?). Le professionnalisation complète de l'homme le tue.

Leys aime a développer ensuite la spécialisation masculine et le généralisme féminin et de la merveille des taches dites proprement féminines et comment la dénigrement moderne de celles ci fait honte à ces grandes taches. Le féminisme ne comprend rien à la différence des sexes et est une victoire des pires valeurs masculines... Qui le comprend passe dans un autre dimension et deviendra encore plus terrifié par notre monde...

La réputation de Chesterton, note notre bon Belge, est contradictoire, célèbre par ces extraits, pratiquement inconnus intimement.

Il en ressort en général pour ceux le connaissant que superficiellement une certaine frivolité.
Mais pour Chesterton, la frivolité, n'est que le signe d'une pénétration plus profonde du sujet touché. : „Plus les sujets évoqués diffèrent entre eux, plus la philosophie qui les embrasse doit être profonde et universelle. Un esprit léger et irréfléchi est caractérisé par l'harmonie des matières qu'il traite; un esprit pénétrant et réfléchi, par leur apparente diversité." 

Justesse, actualité et prophétie, tel est Chesterton.




Quelques citations trouvés ici




Et ceci, qui paraît redoutablement adapté à la situation présente (car je ne puis croire que ce soit par un simple coïncidence que nous assistions simultanément au développement d'un mouvement en faveur de l'euthanasie et à une campagne pour autoriser le mariage des homosexuels) : «Il y a des formes destructives dans notre société, qui ne sont rien d'autre que destructives, car elles ne cherchent pas à modifier l'état des choses, mais à l'annihiler, en se basant sur une anarchie interne qui rejette toutes les distinctions morales sur lesquelles même les simples rebelles s'appuient encore. A présent, le criminel le plus dangereux est le philosophe moderne qui ne connaît plus aucune loi. L'ennemi n'émane pas des masses populaires, il se recrute parmi les gens éduqués et aisés, qui allient intellectualisme et ignorance, et sont soutenus en chemin par le culte que la faiblesse rend à la force. Plus spécifiquement, il est certain que les milieux scientifiques et artistiques sont silencieusement unis dans une croisade dirigée contre la famille et l'Etat.»




Leys cite aussi un écrit de 1926 :




«Les derniers en date de nos modernistes ont trouvé le moyen de proclamer une religion érotique qui simultanément exalte la luxure et interdit la fertilité (...) la prochaine grande hérésie sera tout simplement une attaque contre la moralité, et spécialement contre la moralité sexuelle. Et ça ne va pas venir des socialistes. La folie de demain n'est pas à Moscou, mais bien plutôt à Manhattan.»

mardi 13 novembre 2012

Rohmer, Truffaut, Chesterton et Les femmes

Je vous propose aujourd'hui deux extraits de film. Je crois qu'ils s'approchent tous les deux avec honnêteté et   fragilité sur le questionnement masculin à propos de la femme. Ils sont incroyablement proches par la nature de leur réflexion et incroyablement éloignés par la réponse du héros et probablement du réalisateur. Ici, Rohmer et Truffaut ne s'amusent pas seulement avec deux subjectivités nous sentons un engagement sur cette question si tendre qui englobe la beauté, le mariage, la fidélité et la différence sexuelle.

Le premier est un extrait du film de "L'homme qui aimait les femmes" de François Truffaut 1977

Le héros médite sur l'indispensabilité de la présence des femmes près de lui. Au moins de leur vision. Justement,  nous les observons avec lui. Nous partageons son émerveillement, sa contemplation. ("rien n'est plus beau...") Il parle de notre désir de les connaitre toutes et même de les posséder toutes. Et puis, ne veulent elles pas la même chose que nous ? L'amour ! Mais de toutes les sortes, dit il. Eh, oui, nous ne sommes jamais d'accord sur ce mot, tout en concevant sa prédominance... 
"Tout le monde veut l'amour, toutes sortes d'amour, l'amour physique et l'amour sentimental ou même simplement la tendresse désintéressée de quelqu'un qui a choisi quelqu'un d'autre pour la vie et ne regarde plus personne.
Je n'en suis pas là, moi !
Je regarde tout le monde..."
Ensuite, le héros se plaint de la trêve hivernale où les robes disparaissent.
Il médite encore sur l'importance des femmes en comparant leurs jambes filant dans le monde entier aux compas créant l'harmonie du monde. Il termine en magnifiant les femmes inconnues car.... elles sont inconnues...

Ensuite, voici un extrait du film de 1972, L'amour l'après midi de Eric Rohmer. 
Il n'existe aucune confirmation, mais je ne serais pas étonné de savoir que ce film a influencé le premier...




Notre héros commence à parler livre, lecture, il se rend compte qu'il a besoin d'une présence pour lire chez lui. (comparaison entre le livre et la femme, véritable rivalité ???) il commence alors à se poser la question, pourquoi elle ? Pourquoi ma femme ? Et pas une autre beauté ? Qu'est ce qui l'a dirigé vers elle. Après son mariage, il a commencé à trouver toutes les femmes belles. Chacune a son propre mystère. Nous sommes curieux de la vie de chacune que nous croisons.
Nous comprenons que cet homme vit une crise lancinante et discrète. Il n'a aucune envie de faire la coure aux filles mais "le mariage l'ennuie", il a envie de s'évader, la perspective du temps long l'assombrit.
Il voudrait une vie qu'avec des premiers amours qui ne seraient que durables.... impossibilité...

Face à la foule parisienne, il pense au monde des possibles, à ces femmes qu'il ne reverra plus, son regard posé sur elle qui comme un miroir les conforte et dont un accord tacite de leur part accorde cette discrète admiration.
Mais il ne s'éloigne pas de sa femme. "Ces beautés sont le prolongement de la beauté de sa femme, elle l'enrichissent tout en recevant un peu de la sienne. Leur beauté est le garant de la beauté du monde. En étreignant Hélène, j'étreint toutes les femmes du monde.
MAIS d'autres vie que la mienne se déroule parallèlement  Quelle frustration d'être éloignée de ces vies, de ne pas avoir retenu chacune de ces femmes dans leur marche précipitée et je rêve que je les possède toutes effectivement."

A la fin de cet extrait, nous pouvons voir la rêverie de notre héros. Il rêve de la possibilité d'un monde où toutes les femmes succomberaient à ses avances. (sauf, si....) Alors que nous empêcherait il de tout goûter ? Il est amusant de voir que dans ces rêveries, toutes les femmes ont participé à un opus de la série des contes moraux dont le présent film est le dernier. Une manière notamment de filer la réflexion sur les relations hommes femmes au coeur de cette série de films.

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Beaucoup de points communs. Deux hommes méditant sur la foule de femmes surgissant devant eux. Leur désir fou de s'intéresser à chacune d'entre elles, de les regarder, de les contempler, de participer à leur vie, de les retenir, de communier avec elle, de les posséder. Oui. Si la rêverie de Rohmer montre le caractère absurde de ce désir de globalité (ainsi que le rôle de la fidélité dans la séduction), les deux extraits touchent incroyablement juste sur la passion masculine des femmes. Que vous êtes belles, je ne peux vivre sans vous et il faudrait s'arrêter devant chacune de vous et vous admirer et combien il me tarde de vivre et d'aimer parfaitement chacune de vous.
"Leur beauté est le garant de la beauté du monde"
"Les jambes de femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens lui donnant son équilibre et son harmonie."
Ces deux phrases veulent dire la même chose. Femmes, je ne suis rien sans vous. Par votre beauté, vous êtes le vecteur du sens de ce monde. Vous êtes le signe de la transcendance.

Mais les deux extraits s'écartent ensuite mais se pose la même question. Comment goûter ce fruit ?

Truffaut semble répondre, goûtez les tous. Les grandes tiges comme les petites pommes. Elle veulent être adorées et dévorées. L'amour durable tendre et fidèle ? Il me fermerait de la vue des autres femmes....

Rohmer semble dire : C'est surtout marié que nous regardons toutes les femmes. Si cet extrait qui est l'introduction du film plante le sujet de l'ennui du mariage, des tentations des horizons innombrables, il donne aussi la réponse dans cette même introduction qui prend un tour contradictoire.
En étreignant ma femme, j'étreins toutes les femmes. En connaissant (bibliquement aussi...) ma femme et l'aimant, je participe à la communion à la beauté dont l'ensemble des femmes forment le portrait.
Regarder les femmes est un exercice bon et louable si l'on est marié (cela permet de mieux aimer sa femme) et si l'on ne l'est pas, il aiguise notre appétit pour aimer la femme que nous aurons élu et peu importe au final pourquoi nous l'aurons élu finalement puisque nous saurons goûter sa beauté et son humeur.
Il rejoint ici le discours de Hadjadj sur la raison. Le péché originel tel qu'il fut représenté chez Eve fut d'avoir goûter avant de contempler. il y a donc des regards qui goûtent avant d'admirer. Savoir voir la source avant de goûter le fruit. Source probablement d'une chasteté bien comprise et bonne. (Importance de la silhouette et du visage chez Rohmer, Truffaut s'arrêtant plus sur les détails. A noter l'importance "fétichiste" des jambes des femmes pour Truffaut, en y repensant on pourrait faire un catalogue infini de jambes de femmes dans ses films.)
Que faire alors de cette frustration de ne pouvoir toutes les embrasser ?
Comme Rohmer en se moquant de nos désirs de puissance...
Ou encore méditer l’élection de Dieu de son peuple, son amour pour celui-ci qui conduit enfin à la rentré de toute l'humanité dans cette élection. Méditer l'amour de Dieu, dans le cantique des cantiques, Méditer sa fidélité. Comprendre en quoi cette vertue est ce qui rend toute histoire une histoire sainte....



Pour la fin, quelques citations de Chesterton. Il résume tout cela très bien.



 Tous les adorateurs de la volonté, de Nietzsche à M. Davidson, sont totalement dépourvus de volition. Ils ne peuvent vouloir, ils peuvent tout juste désirer. Et si l’on en veut une preuve, il est facile de la trouver. Elle se trouve notamment dans ce fait qu’ils parlent sans cesse de la volonté comme d’une expansion et d’une évasion. Or c’est tout le contraire. Tout acte de volonté est un acte d’autolimitation. Désirer l’action, c’est désirer la limitation. En ce sens, tout acte est un acte d’auto-abnégation. Dès qu’on choisit quelque chose, on rejette tout le reste. L’objection que des hommes de cet école avaient l’habitude de faire à l’acte de mariage est en réalité une objection à tous les actes. Tout acte est une sélection et une exclusion irrévocables. De même qu’en épousant une femme, on renonce à toutes les autres, de même en s’engageant dans la voie d’une action, on renonce à toutes les autres. Orthodoxie P64, ed. Climat

 Etre fidèle à une femme est un faible prix à payer pour le prodige de voir une femme. Me plaindre de ne pouvoir me marier qu’une fois  revenait à me plaindre de n’être né qu’une fois. C’était disproportionné avec l’effarante exaltation qu’on éprouvait à en parler. Cela témoignait non pas d’une sensibilité exagérée, mais d’une curieuse insensibilité envers le sexe. Un homme n’est qu’un idiot de ne pouvoir accéder à l’Eden par cinq portes à la fois. On est polygame faute d’épanouissement sexuel : C’est comme si l’on cueillait cinq poires par inadvertance. P92Orthodoxie ed. Climat
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Souvent femme varie et c'est là une de ses grandes qualités. Cela évite à l'homme d'avoir recours à la polygamie. Tant que vous aurez une femme, vous serez sûrs d'avoir tout un harem. - Gilbert Keith Chesterton

Quelques photos mais il y en aurait tant à mettre....












vendredi 5 octobre 2012

la petite fille rousse de Chesterton


Voici la toute fin du livre "Le monde comme il ne va pas" de Gilbert Keith Chesterton.
Mon manifeste d'une politique, d'une philosophie où l'homme ne serait plus la variable d'ajustement... Puis une invitation à relire ainsi qu'à faire découvrir cet auteur qui ne cesse de me nourrir

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Cette parabole, ces dernières pages, et même, toutes ces pages, visent à démontrer que nous devons tout recommencer, à l’instant, et par l’autre bout. Je commencerai par les cheveux d’une petite fille. Ça  je sais que c’est bon dans l’absolu. Si mauvais que soit le reste, la fierté d’une bonne mère pour la beauté de sa fille est chose saine. C’est l’une de ces tendresses inaltérables qui sont les pierres de touches de toutes les époques et de toutes les races. Tout ce qui ne va pas dans ce sens doit disparaître. Si les propriétaires, les lois et les sciences s’érigent là-contre, que les propriétaires, les lois et les sciences disparaissent. Avec les cheveux roux d’une gamine des rues, je mettrai le feu à toute la civilisation moderne. Puisqu’une fille doit avoir les cheveux longs, elle doit les avoir propres, elle ne doit pas avoir une maison mal tenue ; puisqu’elle ne doit pas avoir une maison ma tenue, elle doit avoir une mère libre et détendue ; puisqu’elle doit avoir une mère libre et détendue, elle ne doit pas avoir un propriétaire usurier, il doit y avoir une redistribution de la propriété ; puisqu’il doit y avoir redistribution de la propriété, il doit  avoir une révolution.
Cette gamine aux cheveux d’or roux (que je viens de voir passer en trottinant devant chez moi), on ne l’élaguera pas, on ne l’estropiera pas, en rien on la modifiera ; on ne la tondra pas comme un forçat. Loin de là. Tous les royaumes de la terre seront découpés, mutilés à sa mesure. Les vents de ce monde s’apaiseront devant cet agneau qui n’a pas été tondu. Les couronnes qui ne vont pas à sa tête seront brisées. Les vêtements, les demeures qui ne conviennent pas à sa gloire s’en iront en poussière. Sa mère peut lui demander de nouer ses cheveux car c’est l’autorité naturelle, mais l’empereur de la planète ne saurait lui demander de les couper. Elle est l’image sacrée de l’humanité. Autour d’elle l’édifice social s’inclinera et se brisera en s’écroulant ; les colonnes de la société seront ébranlées, la voûte des siècles s’effondrera, mais pas un cheveu de sa tête ne sera touché.
P196, ed."l'age d'homme" Le monde comme il ne va pas  G.K. Chesterton

jeudi 6 septembre 2012

Noces des journalistes et politiques - échange et féminité

Je conseille vivement cet article  paru sur le site causeur.
L'auteur se fait appeler "noix vomique"... Pourquoi pas.

Certes, c'est un article d'actualité...
Certes c'est un article polémique....
Mais il y a plus que cela.

L'auteur donne d'abord quantité d'exemples d'une situation étonnante dans le milieu politique français : L'abondance de couple politico-médiatique.

Certes, on pourra arguer que c'est une minorité de couples dans ces milieux mais malgré tout l'article aborde ce sujet très contemporain sous un angle original. Il est flou sur certains détails mais c'est son objectif qui importe et je crois qu'il éclaire là un symptôme moderne.

Que dit il donc ?
L'auteur se demande pourquoi cette attirance entre les hommes politiques et les femmes journalistes à notre époque ?

L'auteur pense trouver la raison profonde dans l'anthropologie : l'étude des clans, des structures de parenté et de l'échange des femmes.

Les clans, car la politique est une affaire de clan. L'exemple du parti socialiste français avec son "tonton" et les promotions actuels est assez clair.
Les structures de parenté, l'auteur distingue une exogamie factice de la part de notre milieu politico médiatique. Les hommes politiques (monde essentiellement d'hommes..) se marient avec les femmes journalistes (féminisation importante de la profession). Deux mondes bien proche en pensée et en formation.

Pour Levy Strauss, à partir de son étude des peuples primitifs, montre que la base de ses structures de parenté est l'échange des femmes. Comment les femmes d'un groupe sont perçues et comment sont elles échangées et avec qui ? (Emmanuel Todd tient ces questions en haute importance dans son analyse démographique...).

La femme, tout comme peuvent l'être les passe-droits et le prestige est la monnaie d'échanges entre deux groupes se rapprochant. Épouser une femme, cela peut être soumettre le monde de l'épouse que donner des prérogatives à celui-ci. Pour l'auteur, c'est bien ce qui se passe aussi en France dans le monde politique, pour preuve :  les subventions énormes pour les principaux journaux ne vendant plus assez.

Deux groupes, deux sexes différents mais deux mondes ayant fait les mêmes études, écoles et ayant plus ou moins la même pensée.
Le discours et le compte-rendu, le pouvoir et la fascination du pouvoir, la création et l’interprétation. Tel est ce mariage.

L'auteur semble nous dire que le grand prêtre de ce mariage (et le père de la mariée ?) est le banquier. 
La conclusion est féroce : Quand il y a féminisation d'un métier, les structures anthropologiques élémentaires rentrent en jeu, il y a perte d'indépendance vis à vis des pouvoirs réels("elle servent la soupe aux politiques"). Connivence ? Non, une certaine logique légitime du mariage. Fausse subversion journalistique pour un mariage passionnelle entre la politique et les médias. L'argent bénit le tout. Et nos médias sont en crise et ne peuvent (presque) plus se permettre d'être de véritables contre-pouvoirs.



La féminisation est un sujet que Zemmour aborde de temps en temps aussi. 
Plusieurs questions viennent. Se méfier de la féminisation à outrance d'un métier n'est il pas légitime ?  Comme il l'est aussi de s’inquiéter des symptômes de dépendance de nos principaux quotidiens.

Peut on nier la dimension d'échange entre les femmes et les hommes ? 
Chesterton, dans son "Le monde comme il ne va pas", analyse le féminisme comme une rémission des femmes aux valeurs masculines. Ce qui peut paraître une résistance et une lutte pour des droits se transforme en un déchaînement des puissances masculines. Libéralisme sexuel (Houellebecq), libéralisme économique (Soral). 
La perception féministe de la féminité comme subordination est cruellement présente quand on pensait s'en éloigner...  L'article de causeur nous en donne un exemple cruel dans un monde où la pensée féministe est comme acquise.
De ce fait, l'arrivée en force des quotas devraient nous inquiéter. Qui pose la question de la relation complexe entre les hommes et les femmes dans ce débat ? Pourquoi n'est ce plus possible ?
Qu'aurons nous à échanger si nous devenons rivaux en tout?
Cet article pose la question de l'amour tout de même ? Est ce une ruse ? Comment percevoir la différence sexuelle sans naïveté, ni cynisme ?

Ce blog est aussi fait pour se poser ces questions.

samedi 28 juillet 2012

Quelle défense de l'Eglise ? Quelles hérésies pour notre époque ?

Lu cet article sur Causeur


Il est rare de trouver de tels articles dans un média non catholique. L'auteur profite des discussions à propos d'inquisitio, la série "historique" sur la chaîne de télévision France 2 pour rappeler le sens de l'Eglise chez les catholiques. 

Appel à la lucidité et au discernement, mais rappel que toute critique historique contre l'Eglise peut être aussi un dénigrement du Christ dans l'histoire. Nous ne sommes pas à la hauteur mais l'influence de Jésus est présente pour toujours. Défendre l'Eglise ne peut pas être communautariste (mais n'est ce pas un piège et un risque?) mais défendre le sens de l'histoire humaine. Malgré tout....


Je ne connaissais pas l'auteur, Jean Michel Castaing. Théologien catholique laïc, il a écrit, il y a peu un livre "Pour sortir du Nihilisme".


Je vous propose aussi une interview de lui sur la radio du vatican.







En quelques mots...
4 maladies du postmodernisme et 4 hérésies, Nous pouvons faire le lien.

4 hérésies
(travaillons c(s)es hérésies…)

4 maladies
Sortie de l’histoire, ignorance de l’histoire (docétisme)
Privation de transcendance, individu auto fondé (monophysisme renversé)
Se vivre comme abstraction, (apollinarisme)
Absence d’unification humaine, (nestorianisme)
Pertinence anthropologique de la foi catholique
Réconciliation de la transcendance et de l’histoire….
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Depuis ma lecture de Chesterton, l’idée que les hérésies conscientes ou non que nous abritons dans nos pensées et nos théologies personnelles expliqueraient notre rapport brisé avec la réalité me touche énormément. Cette interview accompagne cette idée et me permet de réfléchir à nos hérésies… Qui semblent sensiblement les mêmes que dans les premiers siècles…