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lundi 22 octobre 2012

dixit Dominus - Psaume 110 et Haendel


J'écoute souvent le dixit dominus de Haendel, j'aime imaginer le jeune Haendel en Italie et le voir envoyer cette œuvre aux gens qui l'emploient, aux curieux, au musiciens locaux. Tout dans cet œuvre dit : Je vais vous impressionner !!! Attention, j'arrive !!!!
Je vous propose une version coréenne !! Peut-être pas la meilleure mais toujours émouvant de voir une culture se prendre de passion pour une autre.





Vous trouverez les paroles ici
C'est celle du psaume 110. Je trouve d'abord qu'elles sont décousues et relativement incompréhensible, ce marchepied, ce sceptre, cette rosée, ce torrent où il relève la tête. Mais que se passe t il ?

Partout, il est annoncé que c'est un psaume de David, un psaume de couronnement et messianique.
Curieusement, je repense à cette  note précédente sur le messie de Haendel.
Tous les commentaires sont d'accord, il faut découper le psaume en deux. (de 1à 3, de 4 à 7) C'est un psaume qui rejoint deux textes de prières d'acclamation du messie, d'intronisation de roi.
Curieusement, c'est aussi le psaume le plus cité dans le nouveau testament ? (à ma droite... ou encore l’épître aux hébreux réfléchissant sur la figure de Jésus, grand prêtre dont nous avions besoin (Melchisedek).)
Saint Augustin dit tout simplement que c'est une prophétie de Jésus.
Peut on voir ici un texte ironique d'un point de vue neo-testamentaire.
Tout n'était donc qu'à double sens? Ou bien était ce un saint subterfuge ?
Saint Augustin est d'accord avec moi....


"Que le Fils unique de Dieu viendrait chez les hommes, qu'il prendrait notre chair, qu'il deviendrait homme par cette chair qu'il aurait prise, qu'il mourrait, qu'il ressusciterait, qu'il monterait au ciel pour s'asseoir à la droite de son Père, accomplissant ainsi ses promesses à l'égard des Gentils, [...] voilà ce qu'il fallait prophétiser, ce qu'il fallait annoncer, l'avènement qu'on devait prêcher, afin qu'il ne causât aux hommes ni frayeur ni surprise, mais qu'il fût attendu avec foi. Parmi ces promesses, il faut compter notre psaume, qui annonce Jésus Christ notre Seigneur d'une manière claire et évidente; en sorte qu'il est indubitable pour nous que ce psaume est une prophétie du Christ."
(Commentaires sur les Psaumes, III, Roma 1976, pp. 951.953)
Ainsi le marchepied, le sceptre de ta puissance ne sont ils pas des signes de la croix?
Il brise des têtes, il brise des rois. Cela rejoint le magnificat de Marie et indique la remise en cause absolue du Christ de la notion de pouvoir.
Enfin Saint Paul dans sa première lettre au Corinthiens relie cette violence à la défaite de la mort. Psaume de résurrection ? Oui, il est en effet chanté tous les dimanches dans la liturgie des heures.

La version de Haendel me parait tout à coup bien curieuse après ces investigations... Il me semble que Haendel utilise ce psaume pour parler de sa propre venue messianique dans le monde de la musique... Attention, j'arrive donc et je vais tous vous ridiculiser et prendre votre musique comme un marchepied.... C'est très ambitieux et conquérant.
On peut aimer aussi des versions plus douces comme celle de Vivaldi et de Scarlati.


Source sur le psaume .... ici ou la



vendredi 24 août 2012

Le Messie, Haendel, Chantre et politique chrétienne

En terme chrétien, le terme politique le plus fort est le terme "Messie" (terme hébreu), le Christ (en grec). Nous l'utilisons sans cesse, sans trop savoir ce qu'il veut dire.
Il est maintenant associé au terme de sauveur, libérateur. 
A l'origine, c'est l'oint du Seigneur, celui qui reçoit l'huile, signe d'une consécration à Dieu ou bien plus simplement d'un revêtement qui met à part. Il était d'abord destiné (voir Exode) au sacrificateur. 
Sacrificateur, rôle du prêtre et rôle politique primordial. Qui, comment sacrifier pour que le sacrifice donne la paix à la société ? 
L'onction l'aidait à réaliser pleinement cette tâche et à protéger le reste de la société, à l'isoler et du coup à faire de cet homme une victime en puissance.
Comme l'explique Benoit Chantre plus bas, le rôle politique majeur chez les juifs a été amené à changer au long de leur histoire tumultueuse. En exil, c'est le prophète qui recevait l'onction. Toujours, alors, il était l'homme politique, celui qui parlait de l'espérance de la libération du peuple. Enfin, le roi fut oint. Signe représentatif du chef, mais aussi de sa séparation des autres hommes de la société, là encore symbole de la victime en puissance (Violence et sacré de René Girard). 
Depuis, le peuple juif n'a cessé d'attendre le nouveau messie (prêtre, prophète et roi) symbole d'une nouvelle libération attendue. Ce terme représente toute la problématique politique dans la religion.
Alors Jésus Christ? Jésus l'oint ? Les juifs ne le pensent pas....
Et les chrétiens estiment que c'est bien Jésus, l'homme politique dernier. Le prêtre, le prophète et le roi, celui que l'ancien testament ne cesse d'attendre.

Ici, je fais intervenir Haendel, son célèbre oratorio résume tout. Le texte n 'est qu'un assemblage de passage biblique résumant d'un point de vue chrétien le messianisme de Jésus. (texte)
L'attente et l'espérance de la première partie. La dimension douloureuse de ce Messie, (le serviteur souffrant dans Isaïe) et sa confirmation dans l'histoire présente et son commentaire dans les lettres de Saint Paul.

Car, oui, Jésus est la victime, son  propre sacrificateur, et il prophétise toute l'espérance humaine, il présente le chemin de la libération par le sacrifice de soi.
Tout cela, je l'écris bien moins bien que Benoît Chantre comme vous pouvez le constater plus bas ou à partir de ce lien. (texte écris lors de sa responsabilité de la scénographe de l'oeuvre en 2011 au théâtre du Châtelet, je recommande vraiment le texte)

Est ce donc pour cela que les Chrétiens (souvent) sont si mauvais ou maladroit en politique actuelle ? Bien sur, la dimension de service à la communauté est forte mais l'homme politique est le personnage du sacrificateur-bouc-émissaire qui a été dépassé par le Christ qui a remis en cause toute politique et tout pouvoir politique... Notre époque ne parle t-elle pas de cela non plus ?

De cette situation où n'avons plus le choix qu'entre le royaume de Dieu et une violence qui a perdu tout sens.... Que faire malgré tout???

Pour vous émerveiller, voici une version du Messie de Haendel. Oeuvre miraculeuse.
Bizarrement, j'ai choisi une version très originale. (mise en scène Claus Guth, direction Jean Christophe Spinosi)
Refusant la forme de l'oratorio (et donc de la méditation) et utilisant une mise en scène faussant l'aspect religieux. Refusant toute transcendance et voyant l'église comme une mise en scène fausse et absurde et la résurrection comme une pensée pour homme ivre et de toute façon non désirable.Il y a une histoire de l'homme moderne qui ne cesse d"exprimer un "A quoi bon tout cela..." Le massacre du Alleluia en est tout le symbole, choix artistique et non incapacité musicale.
Et pourtant... Pourtant, cette histoire de crise familiale, de crise de l'homme libéral et de l'homme d'église force les chanteurs à exprimer leur texte (quelquefois en changeant le sens) de manière extrêmement convaincante par rapport à  toutes les versions que j'ai pu voir...

Nous sommes alors happés, séduits par les idées, l'interprétation, le choeur. Il y a un allant formidable. Allant qui oublie toutes les questions politiques et possibilité pour Jésus d'être le libérateur.... 
Dans tous les cas, merci Georg !!!!



Version sous titré en norvégien... mais texte en français, ici.



(Impossible de retrouver la version complete.... mais il y a la globalite en petit morceau....)

 

Ci-dessous le texte de Chantre ecrit a l'occasion des concerts au theatre du Chatelet

Le Messie aujourd’hui par Benoît Chantre


dimanche 29 juillet 2012

Ach, mon Georg....

Tu es ma bouée de sauvetage.
Tu es ma planche de salut (connaissez vous ce site????)

Tu veilles sur moi, sur mon oreille et m'invite à des sommets.
J'aime tes accords virils, 
J'aime ton amour des voix des femmes
J'aime la consolation que tu nous donnes.
Aurais je connu Sophie Karthäuser sans toi ?
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Ci dessous L'oratorio "Susanna" de Händel, dirigée par William Christie, basé sur l'histoire de Suzanne dans le livre de Daniel.

Bien sur, il y a cette hymne à la chasteté chanté par Daniel.
Mais pour moi le plus beau moment demeure la déclaration d'amour de Suzanne à Joachim, son mari.
Le bonheur féminin d'être à l'homme qu'elle aime...
Que chaque homme puisse trouver sa Suzanne-Sophie !

Would custom bid the melting fair,
The purpose of her soul declare,
I then had call'd you mine;
Long ere the day our hands were ty'd,
And I became thy happy bride
At Heav'n's eternal shrine.






Pour ceux qui ont succombé à la divine Sophie...
ce reportage...