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dimanche 25 août 2013

Je suis une merde

Trouvé par hasard de mes pérégrinations d’internet, l’auteur du blog, « je suis une merde », Joachim Bel Mokhtar a, pour moi, écrit le manifeste de l’homme moderne. Six notes brèves et un résumé impeccable, implacable et essentiel.

On ne décrit bien seulement les enfers dont on a su se sortir. Je lis donc ce blog comme le récit d’un homme libre qui raconte avec vérité et lucidité son ancien emprisonnement. (enfin, j'espère...)


Il y a une généalogie évidente entre ce blog et les notes dans un sous-sol de Dostoievski. Le temps est passé, l’homme moderne a évolué mais il demeure ce dont Dostoievski a cerné. Dans le monde moderne sans roi, ni dieu, ni classes, nous sommes condamnés à une course à « l’être » dont nous sommes tous les perdants sauf l’autre, le rival si proche qui nous expose sa réussite, son « être » qui ne cesse de nous humilier. L’abolition des frontières interhumaines met tous les hommes sur la même ligne de départ. La victoire nous échappe que par notre propre faute, manque de volonté, faiblesse, paresse et enfin toujours cet autre, toujours, sans cesse, partout. « Je suis une merde » est le cri intériorisé de notre monde. La procrastination, l’hypocondrie, l’art vaniteux, sont les conséquences naturelles des hommes dont la défaite hante, blesse mais qui ne peuvent plus vivre sans, sauf en croyant quitter le jeu où alors ils se créent un personnage misanthrope au code personnel élaboré mais laid et toujours aussi vaniteux....



 Le jeune homme est passé d’une enfance choyée à un monde adulte pris dans cette course vers le néant aux relations d’autorité pervertie. Notre misanthropie est à la hauteur de notre déception et de notre fascination pour la violence de ces relations perverties.

Nous associons toute recherche de vérité à ce combat vaniteux, nous nous satisfaisons de notre retraite de ce combat, par simplisme ou au mieux par sa relativisation, hypothétique troisième voix à la mesure de notre mépris pour la vérité, la science et les religions.

En lisant ce texte, je pense que nous sommes tous des « Icare ».... Un être autonome qui se tourne vers le soleil. Détaché de tous liens terrestres et sociaux, nous cherchons à atteindre le soleil, à arracher « l’être » par nos propres forces. Nous nous écrasons alors et la seule marque de noblesse qui nous restera est de citer ce vers de René char. "La lucidité est la blessure la plus proche du soleil."

D’un point de vue chrétien, cette description de l’homme moderne est le piège d'une société chrétienne qui a perdu la foi. Cet homme "moderne" est le descendant du chrétien. C’est à dire l’homme qui peut faire connaissance de « l’être » depuis l’Incarnation mais qui a oublié que cet « être » nous était donné. Nous cherchons à le prendre par tous les moyens alors qu’il ne cesse de se proposer.





Le chrétien vit ce chemin paradoxal de la possibilité de la réalisation de soi (Incarnation) à la découverte de abolissement de soi (la crucifixion).

Notre vanité peut être combattu par la reconnaissance que l’« être » seul se situe vraiment dans ce Dieu crucifié, qui nous a donné la possibilité de la vanité (invasion de la médiation interne) ou de la communion avec lui... L'apocalypse (la révélation) n'est pas seulement historique, elle est devenu individuelle. La création de l'individu moderne par le christianisme nous conduit au sous terrain ou au Golgotha.... A la possibilité d'une perversion plus grande des relations comme à la possibilité de la rencontre véritable en passant par une conversion qui peut ne pas être seulement chrétienne.
Pour plus de détails, je conseille la lecture de critique dans un sous terrain de René Girard.

Ci dessous, une tentative de résumé des 6 parties du blog "Je suis une merde".