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jeudi 22 août 2013

Interview Fumaroli - Paris, New York aller retour

Éloquence et beauté se tendent la main...

Merveilleuse interview de Fumaroli. Message essentiel sur l'art comme correspondance avec la création du Dieu incarné. Du Dieu qui par définition l'on ne peut idolâtrer. Saurons nous revenir des images idolâtriques ? Comment dépasser notre crise d'adolescence ? La beauté peut elle revenir ?
Par cette interview, Fumaroli veut nous faire sentir la substantifique moelle de son dernier livre Paris New York et retour, voyage dans les arts et les images. Enquêtant pour un livre sur l’origine chrétienne de l’art, et voulant montrer comment l’art chrétien, à l’image du saint suaire, recherchait toujours l’insaisissable incarnation, la croix, et cette vocation d’aller à l’essentiel, d’inviter à un dépassement de l’image, il se retrouve à New York, il est pour la première fois aux prises, à haute dose, avec les images publicitaires et techniques. Il découvre leur force de mystifications, l’éloignement du réel qu’elles procurent, leur enfermement sur un monde prédéfini.
Ces images représentent notre monde d’abrutissement par le mouvement, la publicité, la propagande (l’anti-éloquence). Laideur et relation pervertie. Séduction et grégarisme. Les images vont à l’encontre de tout otium, méditation lente et curieuse de la vie et du monde où devait conduire l’art. Tout n’est plus qu’idolâtrie et la rencontre véritable disparaît.
La beauté reviendra, nous sauvera ?
Fumaroli répond qu’elle ne meurt jamais même si nous nous éloignons d’elle. La beauté nous aide à retrouver notre propre dignité d’image de Dieu et à symboliser cette parenté dans l’oeuvre...

Dans notre Europe en crise d’identité et économique, nous ne faisons que bien survivre, il n’y a plus de surcroît de vie, ni de sens, ni de joie.


Interview de Enthoven avec Fumaroli


Très bon recenssement du livre ici

Signalement de l'express

Et enfin,  pour la bonne bouche, un peu de Muray


résumé plus détaillé de l'interview :

mercredi 10 juillet 2013

Nancy Huston - Incarnation


Très belle interview de Nancy Huston sur France culture, auteur que j’avais déjà découvert ici gràce à Pierre Cormary.

Auteur, membre des mouvements féministes des années 70, elle a écrit son dernier essai pour continuer à penser ce qu’est être femme et lutter contre la théorie des genres et contre tout refus de la différence sexuelle.
Sensibilité à la physique et aux sciences. Reconnaissance de la différence des désirs. Savoir accepter le désir d’enfant de la part de femmes. Schizophrénie de notre temps qui refuse les problèmes ou croient les résoudre en refusant la différence sexuelle et l’ambivalence humaine. Que faire du tourbillon de la sexualité masculine ? L’externaliser par des femmes étrangères pauvres ou par la pornographie promue par l’économie libérale ?

Non, acceptons la différence des corps et des désirs qui y sont associes.

Retrouvons le sens de l’incarnation. « Le corps, c’est des gens. »

Réfléchissons à notre fécondité et découvrons que la contraception ne résout pas tous les problèmes.
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Le discours de Huston me touche beaucoup, une de ses thèses me provoquent. Si les femmes ont pu être persécutées par les hommes, c’est qu’ils n’ont jamais pu accepter le privilège de l’engendrement. A creuser.
Son analyse du dégoût de l’intelligentsia français pour l’engendrement est très intéressant. Son analyse de bon sens sur la différence des désirs me parait crucial. L’homme veut voir les femmes et la femme veut plaire. 

Elle sent bien que nous sommes au carrefour du désir, de la biologie (fertilité et reproduction), du social et de la politique. Elle montre avec simplicité le refus de l’ambivalence de la théorie du genre et son simplisme agressif au nom souvent de la lutte contre la domination alors qu’elle est un erreur de pensée de style gnostique...


En l’écoutant, je trouvais Huston très « catholique ». Surtout par son goût profond de l’incarnation. Mais au lieu de reconnaître en Beauvoir par exemple une gnostique, elle accuse le christianisme.
Nancy Huston est l’exemple typique des malentendus entre certaines personnes intelligentes et l’Eglise. Et montre aussi comment, cette dernière a entretenu ces malentendus. Huston voit bien comment les défenseurs de la théorie du genre sont l’église morale et répressive de notre temps. A l’Eglise catholique de défendre l’incarnation et de prendre avec passion les préoccupations de Huston qui sont celles d'une femme inquiète.





Plus bas, une tentative de résumé